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Salut à toi, je suis Luc Dostie né à St-Joseph-de-Beauce. J'ai enseigné au primaire 5 ans à La Romaine, 4 ans à Montréal, 2 ans en Beauce et maintenant pour une 2e année à Edmonton, AB. Outre mon fils Xavier qui passera toujours premier, l'écriture est ma plus grande passion qui dérive de mon métier. J'avais l'habitude d'envoyer les messages ci-dessous par courriel et voilà que l'idée de créer un blogue m'est venue. Mon public cible est d'abord mes amis, celles et ceux à qui je veux informer de mon périple albertain. Celui qui te souhaite la plus sincère bienvenue sur cette page, Luc...........................................Greetings to you, I'm Luc Dostie born in St-Joseph-de-Beauce, QC. I taught Natives in La Romaine in grade 6 for 5 years, 4 years in Montreal and 2 years in La Beauce. Now I’m teaching in Edmonton, AB for a 2nd year.Besides my son Xavier who will always be first, writing is my biggest passion which derives from my job. I used to forward messages such as the ones below by email and then it occured to me, I could create a blog. Foremost I hope to inform my friends about my West Canadian adventure. The one who wishes you the most sincere welcome on this page, Luc

lundi 18 février 2008

Fernie, BC - L'infime

Salut les observateurs de l'éclipse totale de lune. Quel spectacle magnifique !

Lundi le 18 février était une journée de congé férié dans toute l'Alberta intitulé le jour de la famille. Ce qui nous donnait une longue fin de semaine de trois jours. Destination : Fernie en Colombie-Britannique, le paradis de la poudreuse... et des skieurs bien entendu.
Comme Mat Bross et Melanie y étaient déjà depuis vendredi matin, je suis parti tout fin seul samedi matin avec ma Focus nouvellement plaquée aux immatriculations de l'Alberta pour les rejoindre.

Pour s'y rendre, il faut prendre highway 2 qui traverse l'Alberta du nord au sud, passant par Red Deer et Calgary, ainsi que highway 3 qui est tout simplement à couper le souffle! Comme nous sommes maintenant des habitués de la route Edmonton-Calgary, je l'ai tout simplement roulé sans prendre de détour.

Avant de vous parler de mon plus beau trip de ski à vie, la route pour s'y rendre est une grande partie de l'histoire de l'Alberta.

Big Rock, Okatok et la Beauce

La beauté de l'autoroute 2 commence au sud de Calgary par une petite ville qui s'appelle Okotoks. À une dizaine de kilomètres à l'extérieur de la ville est situé dans un grand champ le plus grand bloc erratique glaciaire jusqu'à maintenant identifié. Qu'est-ce que tout ça veut dire ? En fait ce gros caillou de 16 500 tonnes, il y a entre 10 000 et 18 000 ans pendant l'ère de glace, est parti de la région de Jasper à bord d'un glacier pour se rendre tout fin seul dans une grand plaine à 20 kilomètres au sud de Calgary. La ville s'appelle Okotoks qui est un dérivé de OKATOK dans la langue autochtone des Black Foot qui signifie : rocher. Aujourd'hui, on l'appelle simplement BIG ROCK.

À ses côtés, je suis évidemment un infime...

Le hasard fait drôlement les choses puisque lors de ma visite, une femme d'une trentaine d'années le visitait. Nous conversions en anglais de la beauté et du mystère de ce rocher lorsqu'elle me mentionnait qu'elle était venue prendre des photos pour ses élèves car elle enseigne aux 8-9-10 (secondaire 2-3-4 au Québec) à Medicine Hat en immersion française. Je lui ai alors dit en français que j'enseignais à Edmonton. Après lui avoir dit que je venais du Québec. Elle m'a demandé de quelle région et je lui ai dit : La Beauce. Incroyable mais vrai, elle a fait un échange culturel de 11 semaines à St-Victor dans la Beauce et est allée à l'école de Beauceville alors qu'elle était finissante au secondaire. Lui soulignant que je provenais de St-Joseph, je lui ai fait le cadeau de mon livre Dominique2 qui lui rappellera de beaux souvenirs de son passage dans MA région. Elle s'appelle Hélène et vient du BC et c'est elle qui est sur la photo du Big Rock en pièce-jointe. Elle m'a serré dans ses bras avec une larme de remerciement sur sa joue. Oui, le monde est petit...



Per Ardua Ad Astra : 10 643 morts

Une quarantaine de kilomètres au sud d'Okotoks se trouve un petit village du nom de Nanton. Le musée Lancaster des anciens soldats canadiens de la 2e guerre mondiale y a élu domicile. Un Lancaster Bomber (énorme avion de guerre qui a combattu en Allemagne) y a été transporté et le musée a ensuite été construit par-dessus. Ce gros oiseau de guerre est vraiment impressionnant et lorsqu'on se retrouve à ses côtés, on est sans mot dire. Au même moment, un vieil homme s'avance tranquillement vers moi, se déplaçant avec une marchette sur roue. Il m'explique tout ce qui se trouve dans le musée. Il a pris une demi-heure avec moi, en compagnie de son épouse. Je lui ai demandé s'il était un ancien soldat et il m'a répondu qu'il avait piloté le Lancaster Bomber en 1944. Des frissons m'ont circulé partout sur le corps. Il a tenu à préciser qu'il ne répondrait à aucune de mes questions concernaient ses souvenirs de guerre et je n'ai jamais eu envie d'insister à lui remémorer de si mauvais souvenirs.

À ses côtés, je suis évidemment un infime...

Voyant mon accent cassé, son épouse qui travaille à la réception m'a demandé ce qui m'amenait en Alberta et j'ai répondu que j'enseignais au primaire en 4e à l'école Ste-Jeanne-d'Arc d'Edmonton. Elle m'a demandé combien j'avais d'élèves et comme j'enseigne à deux groupes, je lui ai dit que j'avais un total de 44 élèves.

Per Ardua Ad Astra est inscrit sur un mémorial à l'extérieur du musée où 10 643 noms sont inscrits sur ce mur. Cette phrase latine, qui se traduit par « à travers les embûches jusqu'aux étoiles », évoque avec respect les noms de tous les soldats canadiens qui ont participé à la deuxième guerre mondiale. Des noms québécois, il y en a en grande quantité, mais également de toutes les provinces et territoires quand on prend le temps d'observer silencieusement. Sous le monument, on peut y lire :

An example of duty nobly done (Winston S. Churchill)



Avant de partir, je suis retourné à l'intérieur du musée pour m'acheter une carte postale du Lancaster Bomber et du memorial et la gentille dame âgée m'avait préparé un gros sac de cadeau. Elle m'a dit en me le remettant : This is for you, 44 students + 1 very nice teacher. Elle m'a fait cadeau de 45 belles cartes postales noir et blanc du Lancaster à remettre à chacun de mes élèves. Cette carte se vendait 1,00$ chacune au kiosque de souvenir. Je ne savais comment dire merci. Je lui ai dit du fond de mon coeur : From the heart : MERCI. Elle m'a répondu par un clin d'oeil : You are very welcome !


Fort Macleod : À la poursuite de Charcoal...


L'autoroute 2 prend fin à Fort Macleod, à 165 km au sud de Calgary. À cet endroit, je suis à moins de 50 kilomètres de la frontière américaine qui mène au Montana. Je suis loin de mes parents et... de Xavier également. Mon grand garçon de 6 ans est dans mes pensées à chacune de mes sorties et ce voyage ne fait pas exception. On ne peut empêcher un oiseau de voler ni un cœur d'aimer.


Nommé en l'honneur du commissaire-adjoint James F. Macleod, le Fort Macleod est en 1874 le premier poste de la Police à cheval du Nord-Ouest. En plus de servir à mettre fin au commerce illicite du whisky dans les plaines du sud, le fort Macleod est le siège d'un tribunal judiciaire qui préside plusieurs procès retentissants, dont celui de Charcoal accusé du meurtre d'un sergent de la P.C.N.-O. En faisant la visite guidée du fort, voici ce que j'ai retenu de l'histoire de ce guerrier réputé.


Charcoal, Si'k-okskitsis de son vrai nom (signifiant Charbon de bois dans la langue des Black Foot) a assassiné Medicine Pipe Stem qui était l'amant de sa femme. Pendant que la P.C.N.-O tentait de l'arrêter, il blesse un agronome, ouvre le feu sur le poste de police lui-même et menace de tuer le chef de la tribu. Pris en chasse, il tue même le sergent Wilde dans sa fuite. Il se réfugie chez deux de ses frères pour leur demander un peu de nourriture. Ce sont ses propres frères qui l'ont livré et il a été pendu peu après dans le Fort Macleod en 1897.

Le plus beau paysage de ma vie !


Je laisse l'autoroute 2 pour prendre pendant 130 kilomètres Highway 3 qui me mènera tout droit à la frontière de la Colombie-Britannique jusqu'à Fernie.


La température n'est pas la plus belle, le paysage est gris, le vent est puissant et les conditions de la route sont très enneigées. Je roule prudemment jusqu'à ce que mon visage s'illumine une fois passé le village de Pincher Creek.


Elles sont devant moi et il y en a à perte de vue pendant des kilomètres et des kilomètres : Les ÉOLIENNES du sud de l'Alberta. Je prends une route de gravier et je tente de m'approcher de ces hélices géantes de l'énergie verte. Le chemin privé que j'ai emprunté m'amène par hasard sur un champ de bisons qui sont devant les éoliennes. Malheureusement, la mauvaise température m'empêche de voir les Rocheuses derrières. J'immortalise ce paysage à l'aide de mon appareil-photo. Puis je tente de faire un vidéo, mais les bisons m'ont aperçu et s'éloignent tranquillement.



Déçu de ne pas voir les Rocheuses derrières, je me suis promis d'y revenir à mon retour lundi en espérant que la belle température soit de la partie.



C'est un ciel ensoleillé et sans nuage qui m'a accompagné à mon retour lundi et mon paysage tant rêvé observait mes yeux émerveillés. J'ai stationné ma voiture après avoir utilisé un autre chemin privé et je me suis assis sur le hood de ma voiture pendant plus de 15 minutes à ne rien faire... sauf regarder la beauté naturelle des montagnes s'embrasser avec des kilomètres d'éoliennes. C'est sans contredit le plus beau paysage naturelle qu'il m'ait été permis de voir depuis ma naissance !


À leurs côtés, je suis évidemment un infime...


Les meilleures photos que j'ai prises, bien qu'elles soient très belles, ne représentent pas 10% de la vraie beauté. Ça me demandait un effort physique et moral de quitter ce paradis éloigné pour revenir à Edmonton, mais je remerciais le ciel d'avoir coopéré parfaitement avec moi alors qu'il ne l'avait pas été samedi lors de mon premier passage.





Toutefois, le vent puissant et la mauvaise température de ce samedi m'ont donné la chance de voir tourner les éoliennes à une vitesse surprenante avant de poursuivre en direction de Fernie.
Jamais je ne réussirai à te raconter par des mots ce que mes yeux ont vu en essayant de te le décrire, mais le léger aperçu que tu as en ce moment me comble.


Frank Slide : 90 secondes d'histoire


Le vent et la mauvaise température qui m'accompagnaient au passage des éoliennes disparaisaient tranquillement pour faire place à un soleil magnifique et sans vent qui me conduirait jusqu'au BC. Highway 3 nous fait passer directement dans la plus belle partie de sa route sinueuse : CROWSNEST PASS. Nommé par les Crows, des Amérindiens du Montana et du Wyoming, cette route traversant les montagnes enneigées me donnait l'envie de monter le volume de ma radio à capacité élevée pour rouler sur ce chemin tortillonné alors que Shadow of the Day du groupe Linkin' Park était justement la chanson très à propos qui jouait à la station de radio locale. J'ai placé ma caméra numérique en mode vidéo près de mon pare-brise pour filmer cette partie de route historique.


Un peu avant de quitter la frontière albertaine, les panneaux bleus Alberta's History m'invitent à arrêter à un petit village du nom de Frank. Si la nature peut être si belle par ses montagnes et ses reliefs, elle peut également être catastrophique et c'est ce qui s'est passé le 29 avril 1903 à 4h10 précisément.


*30 millions de mètres cubes de roche se sont détachés du versant Est du mont Turtle. Le glissement a enseveli une partie de la ville de Frank ainsi que plus de 2 km de la voie ferrée du Canadien Pacifique. D'une durée d'approximativement 90 secondes, le glissement de Frank (Frank Slide) apparaît comme le plus catastrophique du Canada, ayant causé la mort d'au moins 70 personnes. Toutefois, on présume que le nombre de victimes était beaucoup plus élevé étant donné la présence à ce moment-là de travailleurs migrants et sans papiers qui n'ont pas été relevés*.


* Source : Panneau bleu Alberta's History, traduction Encyclopédie canadienne.



Les sauveteurs ont réussi à rescaper 23 hommes, femmes et enfants à travers une distance de roches de 1,6 km d'étendue.


Le mont Turtle fait encore aujourd'hui l'objet d'une surveillance quotidienne pour détecter tout mouvement géologique.
Aux côtés de cet affaissement géologique, je suis évidemment un infime...
Cependant, les catastrophes du passé demeurent fascinantes à observer et de voir toutes les immenses roches restantes est tellement impressionnant. Seules les roches sur la route et sur la voie ferrée ont été enlevées et c'est dans ce champ rocheux que nous passons à travers pour ce rendre à la frontière.


The world's largest dump truck


Je roule maintenant en Colombie-Britannique avec mon auto, wow quelle sensation ! Le touriste en moi s'est évidemment arrêté pour photographier la pancarte WELCOME BRITISH COLUMBIA : The Best Place on Earth. (Ils n'ont sûrement pas vu le ch'val à Méo pour dire ça...)
Peu après la frontière, un gros jouet d'enfant m'oblige à faire un dernier arrêt avant Fernie. C'est un gros camion Tonka que je ne pourrai jamais donner à Xavier, c'est le plus gros camion à benne basculante au monde. J'appelle Xavier pour le lui mentionner, mais il n'y a personne à la maison. Impressionnant pour un adulte ? Imaginez pour un enfant ! J'ose à peine tenter de m'imaginer la grandeur du carré de sable pour jouer avec cette bébelle de 350 tonnes.

TEREX TITAN de son vrai nom a été construit en 1974 par General Motors of Canada (GMC), ce monstre de 65 pieds de long par 25 pieds de large et 22 pieds de haut contient 16 cylindres et 3300 chevaux vapeur. Utilisé pour travailler dans les mines de charbon, il a pris sa retraite en 1990 et est installé en permanence au kiosque d'information touristique de la Colombie-Britannique situé à l'entrée de Sparwood.


Deux autobus Greyhound ainsi que deux pick-up peuvent entrer aisément dans la boîte.
À ses côtés, je suis évidemment un infime...



...Enfin Fernie !


Sparwood n'est qu'à 30 kilomètres de Fernie. Un petit 20 minutes de route me permettra de rejoindre Mélanie et mon Mat Bross dont il fêtait son 29e anniversaire la journée de la St-Valentin.


Après 600 km de route, à l'entrée de la ville de Fernie, la première image qui nous accueille est évidemment LA montagne de ski et depuis des kilomètres que je vois le BOWL de poudreuse, le parc d'amusement qui n'attend que mes skis.

Fort heureux de retrouver mon Mat Bross quotidien, à ses côtés je ne me sens plus comme un infime !


Bonne fête Cupidon, demain matin Fernie Alpine Resort nous attend !


Celui qui tout au long du voyage s'est considéré comme un infime aux côtés des grandeurs qu'il a visitées, mais qui se considère géant de pouvoir profiter de ces opportunités qui se présentent à lui et qui a hâte en tabouère de vous faire lire sa journée de ski,


Luc

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