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Salut à toi, je suis Luc Dostie né à St-Joseph-de-Beauce. J'ai enseigné au primaire 5 ans à La Romaine, 4 ans à Montréal, 2 ans en Beauce et maintenant pour une 2e année à Edmonton, AB. Outre mon fils Xavier qui passera toujours premier, l'écriture est ma plus grande passion qui dérive de mon métier. J'avais l'habitude d'envoyer les messages ci-dessous par courriel et voilà que l'idée de créer un blogue m'est venue. Mon public cible est d'abord mes amis, celles et ceux à qui je veux informer de mon périple albertain. Celui qui te souhaite la plus sincère bienvenue sur cette page, Luc...........................................Greetings to you, I'm Luc Dostie born in St-Joseph-de-Beauce, QC. I taught Natives in La Romaine in grade 6 for 5 years, 4 years in Montreal and 2 years in La Beauce. Now I’m teaching in Edmonton, AB for a 2nd year.Besides my son Xavier who will always be first, writing is my biggest passion which derives from my job. I used to forward messages such as the ones below by email and then it occured to me, I could create a blog. Foremost I hope to inform my friends about my West Canadian adventure. The one who wishes you the most sincere welcome on this page, Luc

mardi 30 septembre 2008

Le septième sens

Salut les gouvernés minoritairement par Stephen Harper,

Il y a longtemps que je n'ai pas fait d'apparition sur votre écran et c'est une négligence de ma part qui en est la cause. C'est la deuxième fois que je compose ce message puisque la première fois, alors qu'il était écrit au complet, je l'ai par erreur complètement supprimé. Alors voici la version 2.0 du septième sens.

Qu'on soit pour ou contre, la possibilité d'une coalition fait beaucoup jaser et je vous dirais que les Albertains jasent beaucoup. D'abord, comme Rita ma directrice me l'a fait remarquer, les couleurs politiques de l'Alberta sont comme celles des Oilers : Beaucoup de bleu et blanc (PC) et un tout petit peu d'orange (NPD). Les gens d'ici ont élu les Conservateurs dans toute la province à l'exception d'un seul comté. Sur les lignes ouvertes des radios locales, on déplore ouvertement la décision du Bloc Québécois. Certains auditeurs demandent au Québec de se retirer du pays tandis que d'autres Albertains demandent un référendum pour que l'Alberta se sépare si cette coalition s'officialise. Ce sont des commentaires de certains auditeurs, mais il m'est difficile d'affirmer que c'est une réflexion partagée par l'ensemble de la population.

Le septième sens

Nous connaissons tous déjà les 5 sens ; la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher. Le terme du sixième sens est souvent utilisé comme un pressentiment anticipé (mon 6e sens me dit que...). Il est parfois utilisé comme étant la capacité de voir ou de ressentir des esprits, comme c'était le cas dans le film Le sixième sens avec Bruce Willis.

Toutefois, la vraie définition du sixième sens est la capacité de percevoir la gravité par notre cerveau. Cependant, l'expression mon sixième sens me dit que... s'emploie encore et toujours comme un pressentiment de la personne qui en fait mention, au même titre que mon petit doigt me dit que...

Depuis que je suis en Alberta, je crois avoir découvert un septième sens et je le définie : le feeling anticipé précédant un événement quelconque et qui est amplifié en vivant l'événement.

Depuis le dernier envoi en début septembre, j'ai eu l'occasion de vivre à fond en compagnie de ces 7 sens et je tenterai au maximum de vous les faire ressentir.

Par la grande porte (sens : la vue)

En septembre, il y a deux routines plus qu'agréables que je respectais. Une sortie le vendredi soir avec mon ami Oli Dutch (Olivier Ducharme) et une ronde de golf le samedi with my english friend Grant Mess.

Nos vendredis sont assez simples à résumer : Oil Kings et Urban Lounge. Notre bon ami Corey (Loranger) est celui qui fait l'animation de toutes les parties locales des Oil Kings. Il est tout simplement phénoménal, surtout avec les plus jeunes. Par son entremise, il nous laisse à l'entrée des billets à prix respectables et nous avons notre place garantie au Rexall Place. De plus, les billets de Corey nous donnent accès au lounge du journal Edmonton Sun qui est situé tout près du vestiaire des Oil Kings, qui lui est tout juste à côté de celui des Oilers. C'est donc grâce à Corey que nous entrons au Rexall Place... par la grande porte.

Oli et moi avons vu les matchs des Oil Kings contre les Rebels de Red Deer, les Blazers de Kamloops et les Tigers de Medecine Hat.

Lors du match qui opposait les Oil Kings aux Rebels, Corey nous demande de le rejoindre au lounge de la section 118 après le match car il a envie de sortir avec nous. Les Oil Kings qui perdaient 3 à 1 avec 5 minutes à faire en 3e période ont marqué 2 buts pour créer l'égalité et forcer la prolongation. Aucun but n'a été marqué. Donc place à la fusillade. Au grand plaisir de la foule et nous-mêmes, les Oil Kings ont remporté la victoire 4 à 3.

Oli et moi nous dirigeons là où Corey nous attend et remarquons un lounge d'un luxe fort agréable, avec un petit bar et de grands écrans plats pour suivre la rencontre de hockey, mais aussi d'autres écrans qui suivent la partie des Oilers qui jouent ce soir-là à Calgary.

Corey arborant son gilet des Oil Kings vient nous rejoindre et nous serre l'accolade. Il nous présente la très ravissante Janine qui est la partner activation specialist des Oil Kings et des Oilers. Oli Dutch et moi entreprenons une conversation anglophone avec Janine, fort heureux d'avoir une nouvelle amie, mais aussi une amie qui fait partie de la grande famille des Oilers.

Pendant ce temps, une petite fille de 7 ou 8 ans avec le gilet des Oil Kings sur le dos vient faire un câlin à Corey. Famous Corey nous laisse tomber et fait la discussion avec la très jeune partisane. C'est enchanteur de voir à quel point Corey réussit à la faire parler.

Avant de quitter le lounge des Oilers, Corey et Janine nous font visiter l'endroit dont jamais nous aurions accès sans leur présence. Mon regard est attiré par le studio d'enregistrement, là où toutes les caméras du Rexall Place sont contrôlées et toutes les reprises vidéo sont rediffusées. Quelle salle à la fine pointe de la technologie, aux normes de la NHL.

En me retournant, elle est là, juste devant moi. Elle m'avait observé depuis que j'étais dans le lounge, mais je lui avais involontairement tourné le dos depuis. Je fige devant elle, mon sens de la vue discute avec mon septième sens et me fait vibrer. Une petite barrière tenue par une simple corde nous interdit l'accès physique, toutefois mes yeux peuvent franchir cette inaccessibilité et nous nous regardons droit dans les yeux.

Voyant mon émerveillement, Oli Dutch, qui a sa caméra numérique sur lui, m'offre de conserver ce souvenir visuel éternellement. Janine propose de demander à un représentant des Oilers de prendre la caméra et de nous immortaliser devant cette porte si grandiose.
Luc, Janine, Olivier et Corey devant LA porte.

Cette porte dorée au logo des Oilers s'ouvre comme des portes d'ascenseur et conduit au vestiaire des Oilers. C'est derrière cette porte fermée que Wayne Gretzky et les autres grands des Oilers ont célébré les coupes Stanley de 1984-85-87 et 88. C'est derrière cette même porte que Mark Messier, alors capitaine des Oilers, a rapporté la coupe dans ses bras en 1990 pour célébrer dans ce vestiaire. Cette même porte s'ouvre délicatement avant chacune des parties locales des Oilers et laisse passer les joueurs avant chaque affrontement.

Et moi, par l'entremise de mes amis qui travaillent au Rexall, je passe par la grande porte pour me présenter devant LA grande porte.

Nous avons poursuivi chacune de nos soirées du vendredi au Urban Lounge, un pub branché sur la Whyte Avenue. Ce bar est l'équivalent du Metropolis à Montréal, du Dagobert à Québec ou du Kool House à Toronto. Les meilleurs bands de musique rock ou alternatif d'ici y jouent. Nous avons aussi découvert un groupe anglais du UK (prononcé youkaille par les gens du nord de l'Angleterre qui a pour nom Beat Union. Oli a même acheté le CD tellement ils étaient bons. Nous avons dansé à en transpirer.

Dans ce même pub, nous avons aussi vu le band canadien Sloan ainsi que d'autres bons groupes de rock actuel (Rocket Sauce) et même un band qui faisait de la musique des années '80 (Ratt-Poison).

Les parties de golf avec Grant ont toujours une saveur un peu particulière. C'est comme une guerre amicale français contre anglais. Avec lui, je suis l'image de tous les francophones canadiens et il est le symbole de la reine d'Angleterre en sol canadien. C'est fort agréable de défendre les miens et d'affronter tous les anglophones du pays dans un duel sans merci, agrémenté d'une voiturette et de quelques Kokanee. Nous avons joué une ronde de golf chaque samedi de septembre et d'octobre. En sa compagnie, il n'y a pas que mon golf qui s'est amélioré, mais surtout mon anglais. You are a very good friend buddy !!!

Le vendredi 19 septembre, avec Mat Bross, Oli Dutch et sa blonde The Great Durnin, nous sommes allés voir les Golden Bears s'incliner contre les champions de la coupe Vanier de l'an passé, les Bisons du Manitoba. Malgré la victoire des Bisons, je peux remarquer que ce club a perdu beaucoup de joueurs et qu'ils ne représenteront pas l'équipe à battre de la section ouest du football universitaire canadien.

Le dimanche matin du 21 septembre, les nouveaux golfeurs Mat Bross et Mel ainsi que Stevo et moi sommes allés jouer un p'tit neuf trou au tout nouveau club de Sherwood Park. Quand je dis tout nouveau, je n'exagère pas. Il est tellement nouveau qu'il n'est pas fini de construire. On peut voir des tas de sables sur les allés, un bulldozer nous a même obligé à frappé un coup de plus pour le contourner. Cependant, ce sera tout un terrain dans 4 ou 5 ans, mais en attendant il représente un beau défi.

En après-midi, Stevo et moi sommes allés au Rexall Place pour voir la Joey Moss Cup qui opposait deux équipes des Oilers, les Blancs contre les Bleus. Stevo, c'est Steve Lahaie qui habite Jasper et chaque fois qu'il a l'occasion de venir à Edmonton, il habite chez nous avec Mat et Mel.

Stevo et moi avons remarqué que plusieurs bons jeunes joueurs feront bientôt partis de l'alignement partant des Oilers dont le gardien québécois Jeff Drouin-Deslauriers ainsi que le tellement talentueux Rob Schremp. Un bel après-midi au Rexall pour nous donner encore plus le goût que la vraie saison commence.

Stevo et Marie-Claude sont depuis peu nouveaux parents d'un beau garçon qui s'appelle Félix-Olivier.

Strings attached (sens : l'ouïe)

Mercredi le 24 septembre, une soirée reconnaissance aux enseignants de l'Alberta comme je les aime. Pour souligner le travail que nous accomplissons en classe, les Conseils scolaire d'Edmonton nous invitent au Francis Winspear Centre pour voir l'orchestre symphonique d'Edmonton (ESO).

Dr. Francis G. Winspear est né à Birmingham, en Angleterre en 1903. Il est arrivé en Alberta avec sa famille à l'âge de 8 ans. Dans les années '20, il est un gradué en comptabilité de l'Université d'Alberta. Dans les années '40, il est déjà à la tête de la plus grande firme de comptables d'Edmonton. Par sa fortune, il aide la ville à construire la société symphonique et d'opéra d'Edmonton. Au début des années '80, il a donné plus de 6 millions de dollars pour la construction du Edmonton Concert Hall... qui porte aujourd'hui son nom.

Je me sens vraiment choyé d'y être puisque l'an passé je voulais voir l'orchestre symphonique, mais les billets sont assez dispendieux et souvent tous vendus à l'avance. J'y suis ce soir et c'est gratuit en plus. Merci à mon conseil, j'apprécie vraiment !

C'est tout bien vêtu que dans ce merveilleux amphithéâtre spécialement conçu pour ESO nous étions invités.

D'abord, juste le fait d'entrer dans la salle vaut le prix d'entrée. Je rejoins mon siège et m'aperçois que je suis assis à dans la 4e rangée en avant à gauche, juste en face des violonistes.

Cette photo a été prise par un membre du Winspear Centre un autre soir puisque nous ne pouvions prendre de photo à l'intérieur. C'est pour donner une idée d'où j'étais situé à la 4e rangée à gauche, donc très en avant.

C'est Strings Attached qui était le thème de la soirée puisque instruments à cordes tels les violons, les violoncelles et les contrebasses étaient à l'honneur, sous la direction du chef d'orchestre, Mr. William Eddins.

3 grands artistes de renommé internationale accompagnaient l'orchestre pour chacune des parties. Nikki Chooi au violon, Joshua Roman au violoncelle et DaXun Zhang à la contrebasse.

Mon sens de l'ouïe est fin prêt à accueillir l'orchestre d'abord qui a joué comme pièce d'entrée Orphée et Eurydice : overture du compositeur allemand Christoph Willibald Gluck. Je suis vraiment charmé. D'autant plus que mon regard est attiré par une belle violoniste qui me transporte par sa musique et qui n'a aucune idée qui je suis dans cette foule parmi tant d'autres.

Puis maître Eddins se lève et la foule également pour accueillir Nikki Chooi. Chooi, un jeune violoniste canadien qui fait partie de l'orchestre National du Centre des Arts, est venu interpréter une pièce de Johann Sebastian Bach : Violin Concerto No. 1 in A minor. Je suis époustouflé par le talent de ce jeune virtuose, tout en continuant de jeter un regard sur la belle violoniste qui est discrètement dissimulée dans l'orchestre qui accompagne Chooi. Nous lui avons, évidemment réservé une ovation debout.

C'est alors qu'un jeune garçon de 22 ans avec une grosse tête frisée rousse fait son entrée en compagnie de son violoncelle qu'il pique sur le plancher. Originaire d'Oklahoma City, l'américain Joshua Roman est décidé à m'impressionner. Il a choisi d'interpréter une pièce du violoncelliste de réputé mondiale Luigi Boccherini : Cello Concerto No. 9 in B-flat Major. Fort heureusement, je suis bien ficelé sur mon confortable siège, sinon j'y tomberais. Il est hallucinant et plusieurs fois les gens applaudissent la maîtrise parfaite de son instrument.

Pendant l'intermission, j'ai discuté avec les autres membres du personnel de mon école et tous étions unanimes à vanter les mérites du jeune violoncelliste. On m'a même demandé si j'avais remarqué la belle violoniste qui est à l'arrière plan dans le choeur de l'orchestre et mon sourire facile leur donnait la réponse qu'elles voulaient entendre.

Pour la deuxième partie du concert, c'est DaXung Zhang qui est venu rendre hommage au plus célèbre contrebassiste Giovanni Bottesini par la pièce Double Bass Concerto No. 2 in B minor. Moi qui ai toujours vu la contrebasse jouée calmement dans le jazz est agréablement surpris de voir que cet instrument peut être joué très rapidement. Tout simplement, wow !

Tout comme Chooi et Roman, Zhang a également reçu avec justesse son ovation debout.

Ma jolie violoniste a repris sa place sur le bord de la première rangée, juste devant moi, puisque l'orchestre jouait la finale sans invité et c'est Water Music, une composition de Georg Friedrich Handel qui allait clore cette soirée qui a comblé mon ouïe.

Celui qui a utilisé son ouïe pour entendre la jolie violoniste, sa vue pour la regarder, qui aurait bien voulu la goûter et la toucher pour sentir son odorat, que son 6e sens lui interdisait de le faire, mais dont le septième sens a travaillé toute la soirée,

Luc