Qui êtes-vous ?

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Salut à toi, je suis Luc Dostie né à St-Joseph-de-Beauce. J'ai enseigné au primaire 5 ans à La Romaine, 4 ans à Montréal, 2 ans en Beauce et maintenant pour une 2e année à Edmonton, AB. Outre mon fils Xavier qui passera toujours premier, l'écriture est ma plus grande passion qui dérive de mon métier. J'avais l'habitude d'envoyer les messages ci-dessous par courriel et voilà que l'idée de créer un blogue m'est venue. Mon public cible est d'abord mes amis, celles et ceux à qui je veux informer de mon périple albertain. Celui qui te souhaite la plus sincère bienvenue sur cette page, Luc...........................................Greetings to you, I'm Luc Dostie born in St-Joseph-de-Beauce, QC. I taught Natives in La Romaine in grade 6 for 5 years, 4 years in Montreal and 2 years in La Beauce. Now I’m teaching in Edmonton, AB for a 2nd year.Besides my son Xavier who will always be first, writing is my biggest passion which derives from my job. I used to forward messages such as the ones below by email and then it occured to me, I could create a blog. Foremost I hope to inform my friends about my West Canadian adventure. The one who wishes you the most sincere welcome on this page, Luc

mercredi 20 février 2008

Fernie, BC - A walk in the clouds

Salut à tous ceux qui ont vu le match historique des Canadiens contre les Rangers.
Quel match ! Perdre 5-0 et gagner 6-5 en fusillade demeure tout un exploit. Sur le site RDS.ca, il est possible de revoir ce retour spectaculaire dans un montage de 30 minutes. Comme j'ai un projecteur canon et un écran géant dans la classe, j'ai fait vivre ce moment grandiose du hockey à mes élèves qui sont devenus, l'instant d'une demi-heure de vrais partisans des Canadiens. Ils encourageaient très fort notre équipe, c'était vraiment beau de les voir.
Tant qu'à convertir l'ouest canadien, autant commencer par les enfants !
Promenade dans les nuages
En 1995, un merveilleux film mettant en vedette Keanu Reeves intitulé : La vallée des nuages, version française de A Walk in the Clouds prenait l'affiche.
Une randonnée dans les nuages, c'est exactement ce que nous avons fait à Fernie. Cependant, c'est en skis que nous l'avons effectuée.
Dimanche 17 février 8h du matin. Le soleil est plus qu'au rendez-vous, ce sera une magnifique journée de printemps. Le thermomètre indique -3 degrés Celsius. Nous avons passé une bonne nuit de sommeil au Motel Super 8 de Fernie et nous sommes remplis d'énergie pour le Fernie Alpine Resort.



9h, nous sommes à la base et je regarde la montagne dans sa vue splendide. Un ciel d'une couleur bleu ciel laisse passer quelques nuages qui nous empêchent de voir le sommet. Je regarde les nuages en me disant : Il est là le terrain de jeu !
À bord du remonte-pente Timber Bowl Express, nous sommes à la moitié de notre ascension. Je me retourne derrière et mes yeux s'éblouissent devant cette vue saisissante. Je suis entouré de montagnes enneigées et je peux voir tout en bas le village de Fernie. C'est splendide !



Au trois quarts de la montagne, nous entrons directement dans les nuages. Je me demande même si Saint Pierre ne nous attend pas tout en haut aux portes du Paradis.


Je n'arrive pas à croire toute la neige qui a pu s'accumuler ici.






Je prends quelques photos pour qu'on puisse me croire.



Comme il ne fait pas tellement froid, je décide alors de faire un vidéo de notre première descente et je pars mon lecteur MP3 dont le shuffle réussit toujours à me trouver des chansons appropriées. Encore une fois, mon shuffle lit dans mes pensées et c'est la chanson LOVE LIKE WINTER du groupe A.F.I. qui est venue en premier. C'est vrai que l'amour c'est comme l'hiver ici à Fernie.


La visibilité est difficile car les nuages dans lesquels nous sommes envahis prennent toute l'espace. Plus nous descendons et plus les nuages se font minces. Quelques instants plus tard, la visibilité devient parfaite et les nuages sont au-dessus de nous. Lorsque nous nous sommes arrêtés, nous avions retrouvé le ciel bleu qui nous avait si bien réveillé. Tout ça dans la même séquence vidéo.







Highway 93 : la corniche !


Melanie, Mat Bross et moi avons fait plusieurs descentes pour m'aider à connaître la montagne davantage puisqu'ils étaient déjà venus skier vendredi et que Mat Bross y était venu l'année précédente. Mes guides ce sont bien occupés de moi et nous avons fait de vraiment belles descentes.


Un peu avant 11h, Mel nous annonce qu'elle est un peu fatiguée et qu'elle entre se reposer. À ce moment-là, Mat Bross avait une autre idée en tête. Bien que Mat Bross soit un meilleur skieur que moi techniquement, il sait que je suis prêt à aller n'importe où, peu importe l'endroit.
Si le samedi m'avait apporté de beaux moments de voyage en utilisant l'autoroute 2 et highway 3, Mat Bross avait décidé de me faire skier dans Highway 93 !


En quittant le Timber Bowl Express, nous avons coupé à droite, vers les pistes numérotés par des losanges noirs signifiant pistes difficiles. La piste 93 était ciselée dans la poudreuse et nous avons skié horizontalement nous donnant droit à une belle ballade du dimanche sans aucune difficulté. Je riais même en me demandant pourquoi elle était identifiée d'un losange noir. Mat Bross savait où il allait.


Highway 93 s'est arrêtée soudainement à une corniche. La définition géographique du mot corniche est la suivante : Versant, portion de versant vertical ou en pente abrupte.
Comme Highway 93 est une très légère pente dans la neige folle, pense même pas essayer de la refaire en sens contraire, tu en as pour la journée. Seule option, suivre mon guide Mat Bross.
J'ai laissé Mat Bross s'approcher de la corniche et je suis monté sur un petit mont pour le prendre en photos. Tout simplement hallucinant comme image. J'y suis allé à mon tour sur cette corniche et j'ai levé les bras de fierté. J'étais vraiment content d'avoir suivi mon maître Mat Bross !





AVALANCHE AREA


C'est bien beau les photos et les paysages magnifiques, mais tout ce qui monte doit redescendre. Il était possible de contourner le versant et de descendre dans une pente à losange noir, mais maître Brosseau avait autre chose en tête.


Quand j'ai skié à Jasper et à Banff, les pancartes d'avalanche étaient ROUGES. Ça signifie de ne pas s'aventurer car le risque est trop dangereux. Cette fois, c'était la première fois que je voyais ça. En ce dimanche matin du 17 février, le panneau AVALANCHE AREA était en vert, donc accessible et skiable.




Le superbe Lizard Bowl nous attendait pour une poudreuse encore inutilisée. J'en rêvais, mais il y avait un bémol. Le chemin pour s'y rendre était une crevasse large de 3 mètres d'environ 70 degrés d'inclinaison. Je me retourne vers Mat Bross pour lui laisser sous entendre que moi je ne descendrai jamais ici, mais il était dans une conversation francophone avec 3 gars de St-Jean-sur-le-Richelieu. Mat Bross leur dit alors qu'il descendrait LA crevasse. Les trois gars lui ont dit : Vas-y pis on te suit !


En disant ça, un skieur inconnu est le premier et nous l'observons descendre tranquillement en se laissant glisser tout au long sur le côté. Une fois le gars descendu, Mat Bross me regarde et me dit : C'est le chemin du plus beau terrain de jeu de Fernie, moi j'y vais !


Bien décidé, je l'ai regardé faire en observant sa technique et j'ai vu qu'il était toujours vivant en bas. Les 3 québécois se regardent pour savoir qui serait le suivant et je me décide à les devancer. Je pars mon lecteur MP3 et il a encore une fois été opportuniste dans son choix car il a fait jouer FAMOUS LAST WORDS du groupe MY CHEMICAL ROMANCE.



Pendant que je descendais très lentement et craintivement, je pouvais entendre le chanteur du groupe me chanter à l'oreille le refrain :


I am not afraid to keep on living
I am not afraid to walk this world alone
Nothing you can say can't stop me going home


Rien de rassurant si je traduis les paroles par :


Je n'ai pas peur de continuer de vivre
Je n'ai pas peur de marcher seul dans ce monde
Rien que vous ne pouvez dire ne peut m'empêcher de revenir chez moi.




Quand j'ai eu rejoint Mat Bross qui m'attendais évaché paisiblement dans une neige folle, je ne pu m'empêcher de crier mon émotion de joie, fier de ma descente et fier de pouvoir descendre Le LIZARD BOWL rempli de poudreuse rêvée.


C'est alors que les 3 gars de St-Jean-sur-le-Richelieu nous ont suivi et venus nous rejoindre. Pendant que je les regardais descendre par l'endroit que je venais moi-même de passer, mon shuffle MP3 entamait WHAT I'VE DONE (Qu'est-ce que je viens de faire là ?) de LINKIN' PARK .



Une fois à nos côtés, Benjamin, Mathieu et Nicolas étaient aux mêmes émotions que moi ! Nous nous sommes écrasés les 5 dans la neige avant de descendre le Bowl et avons jasé. Les 3 gars se tapent un voyage de 2 semaines de randonnée de ski vraiment sublime. Fernie, Panorama et Kicking Horse au BC et Lake Louise, Sunshine en Alberta. Forfait avion aller-retour, hôtels, transports de déplacement, billet de ski et repas pour 1800$ tout inclus. Avis aux intéressés !!!
Pendant qu'on était accroupi dans la poudreuse, nous pouvions apercevoir quelques minuscules avalanches de neige qui glissaient à nos côtés. Vous pouvez les voir sur la photo de Mat Bross sur la corniche. L'autre gars qui est sur cette photo c'est Benjamin.








C'est bien beau la jasette, mais nous n'avons pas descendu la crevasse pour jaser, mais bien pour se taper un vrai trip de poudreuse. J'ai pris une photo de Nicolas dans le Lizard Bowl avant de partir.



*&?%$?&&%$///?&***'/$%%?/###$%%%**$$$ sont les seuls mots qui me viennent en tête. C'est indescriptible ! Il faut le vivre pour le comprendre. La neige folle et épaisse il y en avait partout. Je criais en descendant comme un malade tellement je trippais.


Puis nous nous sommes arrêtés pour savourer ce moment. Mat Bross m'a demandé d'arrêter de crier car le son de ma voix va déclencher des vrais avalanches. C'était plus fort que moi. Benjamin, Mathieu et Nicolas sont d'accords avec moi et sont en plein extases eux aussi.
J'ai pris une photo de Mat Bross épuisé, car bien que ce soit vraiment trippant, les jambes et les chevilles travaillent très fort.





Tout comme lui, je suis essoufflé et nous ne sommes qu'au quart de la montagne. Nous continuons notre descente à 5 en nous suivant tour à tour jusqu'au moment où Mat Bross a pris tout une débarque dans la neige folle. Je sors ma caméra en mode vidéo et j'essaie de filmé ce qui reste de sa chute. On peut voir tout l'espace de neige à ses côtés qu'il a occupé lors de sa perte de contrôle. Aussitôt remis sur ses skis et poursuit son parcours et je l'observe à nouveau espérant une deuxième perte de maîtrise qui n'a pas eu lieu, mais on peut voir à quel point il y a de la neige.





Tout ça pendant que FAT LIP de SUM-41 jouait à mes oreilles qui me permettait de chanter :

Don't count on me, to let you know when.
Don't count on me, I'll do it again.
Don't count on me, it's the point you're missing.
Don't care about me, cause I'm not listening.



Nous sommes arrivés complètement épuisés au chalet pour prendre le dîner. J'ai bu 5 ou 6 verres d'eau puisqu'aujourd'hui il fait près de 10 degrés Celsius et j'ai le dos et le reste du corps en sueur.


Une bonne soupe minestrone, un bon wrap au poulet et une bonne Kokanee froide en fut allait rapidement me remettre sur pied pour continuer cette journée fantastique.


En après-midi, nous sommes allés dans le Cedar Bowl et nous avons fait la piste #1 Falling Star qui est d'une longueur exacte de 5 km. Je ne sais combien d'arrêts nous avons faits et combien de chansons j'ai pu écouter, mais je peux vous dire que 5 km de descente, c'est comme de St-Joseph jusqu'à Vallée-Jonction en descente de ski, c'est assez particulier.


Vers 14h30, Mat Bross voulait retourner dans le Lizard Bowl, mais mes jambes n'étaient plus assez fortes pour 20 minutes de descente dans la grosse poudreuse et en même temps, le souvenir sensationnel que j'avais en tête était celui que je voulais conserver parce qu'il était tout simplement parfait.


Nous avons fait deux autres descentes tout en allant m'amuser dans le jump park et à 15h30, notre journée fantastique de ski se terminait.





La navette pour nous apporter jusqu'au stationnement est une carriole tirée à cheval, ce qui complétait bien une journée à merveille.


Le spa et Camala


Nous avons acheté une caisse de Kokanee en cannettes et sommes allés les savourer calmement à l'hôtel, tout en se laissant bercer par les vagues du spa extérieur. Nous y sommes restés assez de temps pour se ratatiner la peau complètement, ce qui vous laisse deviner le nombre de cannettes restantes lorsque nous sommes retournés à la chambre.



Comme il fallait manger, nous sommes allés downtown Fernie se prendre un bon plat de pâtes au The Grand Central Hotel Restaurant & Pub. Après avoir mangé, Mat Bross voulait jouer au billard. Toutefois, il fallait jouer en équipe. Mat Bross se place avec Melanie qui est une excellente joueuse. Comme j'étais le suivant à jouer, je dis à Mat que s'il perdait, il serait mon équipier. Comme ils ont gagné, je me retrouvais seul.

Melanie m'a dit : Je vais t'en trouver une partenaire. Elle s'appelait Camala et venait d'Oxford en Angleterre. Très jolie, c'était ma nouvelle partenaire pour les 10 parties consécutives que nous avons jouées. Jamais je n'ai été aussi bon au billard que ce soir-là. Ma partenaire à l'accent anglais prononcé n'en revenait tout simplement. Je faisais 5 ou 6 boules et Camala finissait toujours la noire. Une équipe du tonnerre. À notre 10e et dernière partie, nous avons rejoué contre Mat Bross et une Melanie tout simplement décidée à nous battre.

Il ne restait que la 8 et c'était à moi de jouer. Elle était difficile en cross corner, mais faisable au coin supérieur droit. Je devais couper ma balle à près de 90 degrés et ne pas empocher la blanche dans le coin supérieur gauche de la table. J'ai fait le coup parfait. La noire est entrée et une seconde après la blanche rebondissait sur les côtés de la poche gauche plusieurs fois de gauche à droite pour finalement s'y arrêter sans entrer. The perfect shot !

Les gens autour ont applaudi ce coup et comme Camala et moi ne pouvions faire mieux, nous avons laissé la table aux autres dans la gloire avec une fiche parfaite de 10 victoires.
Aujourd'hui de retour à Oxford en Angleterre, Camala doit sans doute raconter aux gens qu'elle a joué au pool avec quelqu'un qui gagnait sa vie au billard puisque cette soirée, c'est vraiment à ça que je ressemblais.

Après avoir laissé la table de pool, c'est la piste de danse que nous avons pris puisque le DJ nous a fait joué 4-5 chansons des Cowboys Fringants qui nous ont fait honneur en nous laissant giguer comme des vrais québécois, sous les regards admiratifs des gens de l'endroit qui souriaient en se disant : eux autres, ils savent s'amuser !

Celui qui, après une route superbe pour s'y rendre, a connu une journée de ski dont il se souviendra pendant longtemps d'avoir traversé les nuages et descendu le Lizard Bowl et avait en plus la chance de son côté au billard.

Luc

lundi 18 février 2008

Fernie, BC - L'infime

Salut les observateurs de l'éclipse totale de lune. Quel spectacle magnifique !

Lundi le 18 février était une journée de congé férié dans toute l'Alberta intitulé le jour de la famille. Ce qui nous donnait une longue fin de semaine de trois jours. Destination : Fernie en Colombie-Britannique, le paradis de la poudreuse... et des skieurs bien entendu.
Comme Mat Bross et Melanie y étaient déjà depuis vendredi matin, je suis parti tout fin seul samedi matin avec ma Focus nouvellement plaquée aux immatriculations de l'Alberta pour les rejoindre.

Pour s'y rendre, il faut prendre highway 2 qui traverse l'Alberta du nord au sud, passant par Red Deer et Calgary, ainsi que highway 3 qui est tout simplement à couper le souffle! Comme nous sommes maintenant des habitués de la route Edmonton-Calgary, je l'ai tout simplement roulé sans prendre de détour.

Avant de vous parler de mon plus beau trip de ski à vie, la route pour s'y rendre est une grande partie de l'histoire de l'Alberta.

Big Rock, Okatok et la Beauce

La beauté de l'autoroute 2 commence au sud de Calgary par une petite ville qui s'appelle Okotoks. À une dizaine de kilomètres à l'extérieur de la ville est situé dans un grand champ le plus grand bloc erratique glaciaire jusqu'à maintenant identifié. Qu'est-ce que tout ça veut dire ? En fait ce gros caillou de 16 500 tonnes, il y a entre 10 000 et 18 000 ans pendant l'ère de glace, est parti de la région de Jasper à bord d'un glacier pour se rendre tout fin seul dans une grand plaine à 20 kilomètres au sud de Calgary. La ville s'appelle Okotoks qui est un dérivé de OKATOK dans la langue autochtone des Black Foot qui signifie : rocher. Aujourd'hui, on l'appelle simplement BIG ROCK.

À ses côtés, je suis évidemment un infime...

Le hasard fait drôlement les choses puisque lors de ma visite, une femme d'une trentaine d'années le visitait. Nous conversions en anglais de la beauté et du mystère de ce rocher lorsqu'elle me mentionnait qu'elle était venue prendre des photos pour ses élèves car elle enseigne aux 8-9-10 (secondaire 2-3-4 au Québec) à Medicine Hat en immersion française. Je lui ai alors dit en français que j'enseignais à Edmonton. Après lui avoir dit que je venais du Québec. Elle m'a demandé de quelle région et je lui ai dit : La Beauce. Incroyable mais vrai, elle a fait un échange culturel de 11 semaines à St-Victor dans la Beauce et est allée à l'école de Beauceville alors qu'elle était finissante au secondaire. Lui soulignant que je provenais de St-Joseph, je lui ai fait le cadeau de mon livre Dominique2 qui lui rappellera de beaux souvenirs de son passage dans MA région. Elle s'appelle Hélène et vient du BC et c'est elle qui est sur la photo du Big Rock en pièce-jointe. Elle m'a serré dans ses bras avec une larme de remerciement sur sa joue. Oui, le monde est petit...



Per Ardua Ad Astra : 10 643 morts

Une quarantaine de kilomètres au sud d'Okotoks se trouve un petit village du nom de Nanton. Le musée Lancaster des anciens soldats canadiens de la 2e guerre mondiale y a élu domicile. Un Lancaster Bomber (énorme avion de guerre qui a combattu en Allemagne) y a été transporté et le musée a ensuite été construit par-dessus. Ce gros oiseau de guerre est vraiment impressionnant et lorsqu'on se retrouve à ses côtés, on est sans mot dire. Au même moment, un vieil homme s'avance tranquillement vers moi, se déplaçant avec une marchette sur roue. Il m'explique tout ce qui se trouve dans le musée. Il a pris une demi-heure avec moi, en compagnie de son épouse. Je lui ai demandé s'il était un ancien soldat et il m'a répondu qu'il avait piloté le Lancaster Bomber en 1944. Des frissons m'ont circulé partout sur le corps. Il a tenu à préciser qu'il ne répondrait à aucune de mes questions concernaient ses souvenirs de guerre et je n'ai jamais eu envie d'insister à lui remémorer de si mauvais souvenirs.

À ses côtés, je suis évidemment un infime...

Voyant mon accent cassé, son épouse qui travaille à la réception m'a demandé ce qui m'amenait en Alberta et j'ai répondu que j'enseignais au primaire en 4e à l'école Ste-Jeanne-d'Arc d'Edmonton. Elle m'a demandé combien j'avais d'élèves et comme j'enseigne à deux groupes, je lui ai dit que j'avais un total de 44 élèves.

Per Ardua Ad Astra est inscrit sur un mémorial à l'extérieur du musée où 10 643 noms sont inscrits sur ce mur. Cette phrase latine, qui se traduit par « à travers les embûches jusqu'aux étoiles », évoque avec respect les noms de tous les soldats canadiens qui ont participé à la deuxième guerre mondiale. Des noms québécois, il y en a en grande quantité, mais également de toutes les provinces et territoires quand on prend le temps d'observer silencieusement. Sous le monument, on peut y lire :

An example of duty nobly done (Winston S. Churchill)



Avant de partir, je suis retourné à l'intérieur du musée pour m'acheter une carte postale du Lancaster Bomber et du memorial et la gentille dame âgée m'avait préparé un gros sac de cadeau. Elle m'a dit en me le remettant : This is for you, 44 students + 1 very nice teacher. Elle m'a fait cadeau de 45 belles cartes postales noir et blanc du Lancaster à remettre à chacun de mes élèves. Cette carte se vendait 1,00$ chacune au kiosque de souvenir. Je ne savais comment dire merci. Je lui ai dit du fond de mon coeur : From the heart : MERCI. Elle m'a répondu par un clin d'oeil : You are very welcome !


Fort Macleod : À la poursuite de Charcoal...


L'autoroute 2 prend fin à Fort Macleod, à 165 km au sud de Calgary. À cet endroit, je suis à moins de 50 kilomètres de la frontière américaine qui mène au Montana. Je suis loin de mes parents et... de Xavier également. Mon grand garçon de 6 ans est dans mes pensées à chacune de mes sorties et ce voyage ne fait pas exception. On ne peut empêcher un oiseau de voler ni un cœur d'aimer.


Nommé en l'honneur du commissaire-adjoint James F. Macleod, le Fort Macleod est en 1874 le premier poste de la Police à cheval du Nord-Ouest. En plus de servir à mettre fin au commerce illicite du whisky dans les plaines du sud, le fort Macleod est le siège d'un tribunal judiciaire qui préside plusieurs procès retentissants, dont celui de Charcoal accusé du meurtre d'un sergent de la P.C.N.-O. En faisant la visite guidée du fort, voici ce que j'ai retenu de l'histoire de ce guerrier réputé.


Charcoal, Si'k-okskitsis de son vrai nom (signifiant Charbon de bois dans la langue des Black Foot) a assassiné Medicine Pipe Stem qui était l'amant de sa femme. Pendant que la P.C.N.-O tentait de l'arrêter, il blesse un agronome, ouvre le feu sur le poste de police lui-même et menace de tuer le chef de la tribu. Pris en chasse, il tue même le sergent Wilde dans sa fuite. Il se réfugie chez deux de ses frères pour leur demander un peu de nourriture. Ce sont ses propres frères qui l'ont livré et il a été pendu peu après dans le Fort Macleod en 1897.

Le plus beau paysage de ma vie !


Je laisse l'autoroute 2 pour prendre pendant 130 kilomètres Highway 3 qui me mènera tout droit à la frontière de la Colombie-Britannique jusqu'à Fernie.


La température n'est pas la plus belle, le paysage est gris, le vent est puissant et les conditions de la route sont très enneigées. Je roule prudemment jusqu'à ce que mon visage s'illumine une fois passé le village de Pincher Creek.


Elles sont devant moi et il y en a à perte de vue pendant des kilomètres et des kilomètres : Les ÉOLIENNES du sud de l'Alberta. Je prends une route de gravier et je tente de m'approcher de ces hélices géantes de l'énergie verte. Le chemin privé que j'ai emprunté m'amène par hasard sur un champ de bisons qui sont devant les éoliennes. Malheureusement, la mauvaise température m'empêche de voir les Rocheuses derrières. J'immortalise ce paysage à l'aide de mon appareil-photo. Puis je tente de faire un vidéo, mais les bisons m'ont aperçu et s'éloignent tranquillement.



Déçu de ne pas voir les Rocheuses derrières, je me suis promis d'y revenir à mon retour lundi en espérant que la belle température soit de la partie.



C'est un ciel ensoleillé et sans nuage qui m'a accompagné à mon retour lundi et mon paysage tant rêvé observait mes yeux émerveillés. J'ai stationné ma voiture après avoir utilisé un autre chemin privé et je me suis assis sur le hood de ma voiture pendant plus de 15 minutes à ne rien faire... sauf regarder la beauté naturelle des montagnes s'embrasser avec des kilomètres d'éoliennes. C'est sans contredit le plus beau paysage naturelle qu'il m'ait été permis de voir depuis ma naissance !


À leurs côtés, je suis évidemment un infime...


Les meilleures photos que j'ai prises, bien qu'elles soient très belles, ne représentent pas 10% de la vraie beauté. Ça me demandait un effort physique et moral de quitter ce paradis éloigné pour revenir à Edmonton, mais je remerciais le ciel d'avoir coopéré parfaitement avec moi alors qu'il ne l'avait pas été samedi lors de mon premier passage.





Toutefois, le vent puissant et la mauvaise température de ce samedi m'ont donné la chance de voir tourner les éoliennes à une vitesse surprenante avant de poursuivre en direction de Fernie.
Jamais je ne réussirai à te raconter par des mots ce que mes yeux ont vu en essayant de te le décrire, mais le léger aperçu que tu as en ce moment me comble.


Frank Slide : 90 secondes d'histoire


Le vent et la mauvaise température qui m'accompagnaient au passage des éoliennes disparaisaient tranquillement pour faire place à un soleil magnifique et sans vent qui me conduirait jusqu'au BC. Highway 3 nous fait passer directement dans la plus belle partie de sa route sinueuse : CROWSNEST PASS. Nommé par les Crows, des Amérindiens du Montana et du Wyoming, cette route traversant les montagnes enneigées me donnait l'envie de monter le volume de ma radio à capacité élevée pour rouler sur ce chemin tortillonné alors que Shadow of the Day du groupe Linkin' Park était justement la chanson très à propos qui jouait à la station de radio locale. J'ai placé ma caméra numérique en mode vidéo près de mon pare-brise pour filmer cette partie de route historique.


Un peu avant de quitter la frontière albertaine, les panneaux bleus Alberta's History m'invitent à arrêter à un petit village du nom de Frank. Si la nature peut être si belle par ses montagnes et ses reliefs, elle peut également être catastrophique et c'est ce qui s'est passé le 29 avril 1903 à 4h10 précisément.


*30 millions de mètres cubes de roche se sont détachés du versant Est du mont Turtle. Le glissement a enseveli une partie de la ville de Frank ainsi que plus de 2 km de la voie ferrée du Canadien Pacifique. D'une durée d'approximativement 90 secondes, le glissement de Frank (Frank Slide) apparaît comme le plus catastrophique du Canada, ayant causé la mort d'au moins 70 personnes. Toutefois, on présume que le nombre de victimes était beaucoup plus élevé étant donné la présence à ce moment-là de travailleurs migrants et sans papiers qui n'ont pas été relevés*.


* Source : Panneau bleu Alberta's History, traduction Encyclopédie canadienne.



Les sauveteurs ont réussi à rescaper 23 hommes, femmes et enfants à travers une distance de roches de 1,6 km d'étendue.


Le mont Turtle fait encore aujourd'hui l'objet d'une surveillance quotidienne pour détecter tout mouvement géologique.
Aux côtés de cet affaissement géologique, je suis évidemment un infime...
Cependant, les catastrophes du passé demeurent fascinantes à observer et de voir toutes les immenses roches restantes est tellement impressionnant. Seules les roches sur la route et sur la voie ferrée ont été enlevées et c'est dans ce champ rocheux que nous passons à travers pour ce rendre à la frontière.


The world's largest dump truck


Je roule maintenant en Colombie-Britannique avec mon auto, wow quelle sensation ! Le touriste en moi s'est évidemment arrêté pour photographier la pancarte WELCOME BRITISH COLUMBIA : The Best Place on Earth. (Ils n'ont sûrement pas vu le ch'val à Méo pour dire ça...)
Peu après la frontière, un gros jouet d'enfant m'oblige à faire un dernier arrêt avant Fernie. C'est un gros camion Tonka que je ne pourrai jamais donner à Xavier, c'est le plus gros camion à benne basculante au monde. J'appelle Xavier pour le lui mentionner, mais il n'y a personne à la maison. Impressionnant pour un adulte ? Imaginez pour un enfant ! J'ose à peine tenter de m'imaginer la grandeur du carré de sable pour jouer avec cette bébelle de 350 tonnes.

TEREX TITAN de son vrai nom a été construit en 1974 par General Motors of Canada (GMC), ce monstre de 65 pieds de long par 25 pieds de large et 22 pieds de haut contient 16 cylindres et 3300 chevaux vapeur. Utilisé pour travailler dans les mines de charbon, il a pris sa retraite en 1990 et est installé en permanence au kiosque d'information touristique de la Colombie-Britannique situé à l'entrée de Sparwood.


Deux autobus Greyhound ainsi que deux pick-up peuvent entrer aisément dans la boîte.
À ses côtés, je suis évidemment un infime...



...Enfin Fernie !


Sparwood n'est qu'à 30 kilomètres de Fernie. Un petit 20 minutes de route me permettra de rejoindre Mélanie et mon Mat Bross dont il fêtait son 29e anniversaire la journée de la St-Valentin.


Après 600 km de route, à l'entrée de la ville de Fernie, la première image qui nous accueille est évidemment LA montagne de ski et depuis des kilomètres que je vois le BOWL de poudreuse, le parc d'amusement qui n'attend que mes skis.

Fort heureux de retrouver mon Mat Bross quotidien, à ses côtés je ne me sens plus comme un infime !


Bonne fête Cupidon, demain matin Fernie Alpine Resort nous attend !


Celui qui tout au long du voyage s'est considéré comme un infime aux côtés des grandeurs qu'il a visitées, mais qui se considère géant de pouvoir profiter de ces opportunités qui se présentent à lui et qui a hâte en tabouère de vous faire lire sa journée de ski,


Luc

mercredi 6 février 2008

Un week-end presque parfait

Salut les prochains bilingues (puisqu'il semble que je sois un modèle pour Pauline Marois, la dame du PQ aimerait bien que les élèves sortant des écoles secondaires et collégiales soient bilingues. Si Stephen Harper a fait de gros progrès en français, il est loin d'être le cas pour Pauline elle-même en anglais...)


D'abord, commençons par une frustration que je dois évacuer :
Nous avons écouté l'émission Tous Pour Un à Radio-Canada sur le thème de Passe-Partout. Convaincu que j'étais un plus grand connaisseur sur le sujet que mes deux plus jeunes colocs, Mat et Mélanie répondent à presque toutes les questions et moi si peu. Même les plus détaillées comme le numéro de la plaque d'immatriculation sur le tracteur de Fardoche. J'applaudis, ils sont presque meilleurs que la concurrente. Ils sont vraiment excellents, je m'incline à leurs connaissances.


MAUDIT DÉCALLAGE HORAIRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


En effet, pendant que je me faisais à souper à 18h, la mère de Mélanie au Québec à 20h au Québec écoutait l'émission et écrivait toutes les réponses jusqu'à 21h. Mélanie l'a appelé à notre 19h à nous et a écrit toutes les réponses sur une feuille qu'elle a inséré dans un gros livre qu'elle faisait semblant de lire. Quand notre 20h à nous est arrivé, le beau poisson de la génération Passe-Partout que je suis a eu l'air pas mal fou. Surtout que Mélanie avait mentionné qu'elle avait passé son enfance au Manitoba et qu'elle avait écouté peu d'émissions.

Enfin, je les félicite pour leur sérieux et d'avoir pu conserver leurs réactions et observer les miennes sans rire pendant une heure. Quand j'ai su la vérité, une belle image de poisson a remplacé ma tête toute entière.



Le plus long raccourci du monde (Jour 1)


Vendredi, 16h. Je viens de terminer l'école, je me dépêche car nous partons faire du ski dans les Rocheuses. Direction : Sunshine, Banff. Mélanie et moi sentons la pression de Mat Bross qui nous dépêche afin d'arriver le plus tôt possible à notre chambre d'hôtel. D'ailleurs pas le temps d'arrêter manger en route, ils ont préparé des sandwichs que nous avalerons en chemin. Notre parcours : Edmonton-Calgary (3h) et Calgary Banff (1h15). Donc, nous espérions y être vers 21h.

Mat avait regardé sur la carte de l'Alberta et semblait convaincu que Mapquest se trompait. Selon lui, c'est plus rapide de couper par Red Deer et se rendre par Rocky Mountain House et de descendre par la route des glaciers. C'est peut-être beau de jour, mais de soir, il n'y a pas grand chose à voir. C'est noir foncé dans ce coin là. Voyant qu'on était encore loin après une heure de route et surtout ne voulant pas avouer qu'il était dans le tort, Mat Bross prend son cellulaire et appelle sa mère pour qu'elle aille sur Mapquest vérifier combien de temps encore il nous restait à prendre la route des Glaciers. N'aillait plus de munitions, il s'avoue vaincu devant notre obstination, mais il est trop tard pour rebrousser chemin.


22h30, nous arrivons un peu écœuré à l'hôtel. J'ai faim en plus, mon sandwich est loin d'aplomb. Mat, pour se faire pardonner, nous invite à souper en disant qu'il payait la bière. Nous choisissons le restaurant Earl's de Banff. Cette chaîne de restaurant est réputée pour bien sélectionner ses serveuses, pas nécessairement habillés sexy, mais surtout de belles filles avec beaucoup de classe.


Mon anglais est bien, mais j'avais de la difficulté à comprendre son accent pour le menu. Mélanie dit qu'elle doit venir de l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. Mat provoque Mélanie en lui disant qu'il le demanderait à notre jolie hôtesse et que si elle se trompait, elle payait le souper de Mat aussi. Bonne joueuse, elle lui demande s'il lui laisse deux choix. Mat accepte, alors elle change Nouvelle-Zélande par Angleterre. Mat convaincu de se faire un bon souper demande ladite question : 'I'm from England' dit-elle avec son accent fort charmant. Furieux, Mat place quitte ou double sur la ville de l'Angleterre ou celui qui est le plus proche. Trouvant le moment cocasse, j'embarque dans ce pari. Fan des Beatles comme je suis, j'opte pour Liverpool. Mat aime bien le club de soccer Manchester United et fait sur choix sur Manchester. Mélanie est certaine qu'elle ne vient pas de Londres et elle choisit une ville que je n'aurais jamais choisie avec Leeds. Mat fait revenir notre belle shakespearienne et lui demande cette fois la ville d'où elle provient ou encore la ville la plus près de l'un de notre choix. 'I'm from Leeds'. Quoi ?????????? Nous regardons Mélanie, moi impressionné et Mat en furie. Nous avons gagé pour le plaisir toutes les questions qui nous venaient en tête : son âge, son état civil, etc. et chaque fois Mélanie était trop forte pour nous et cette fois, je ne pouvais pas accuser le décalage horaire...

L'imperfection de cette journée ? Le plus long raccourci du monde, comme on dit en anglais : The longest shortcut ever !



World Cup Downhill et la vallée (Jour 2)


Le wake-up call a fait son cri stident à 6h30 à notre chambre. Un peu débiffé de la veille, nous avons végété une heure au lit pour finalement décoller vers 8h pour être au bas de la pente de la plus belle station de ski de Banff : Sunshine. Un centre de ski composé de 4 montagnes dont le sommet le plus haut est situé à 2837 mètres (ou 9300 pieds) et qui contient 107 pistes skiables. Si je dis skiable, c'est qu'il y en a pour tous les niveaux, en plus d'un parc pour les sauts.
Pour s'y rendre, il faut monter dans une gondole vitrée sur une distance de 2 km dont le premier arrêt est à la première montagne : Goat's Eye Mountain. C'est dans cette montagne que sont les pistes les plus difficiles qualifiées d'extrême. Même Mat Bross a frenché un arbre tellement c'était difficile à faire du slalom.


La deuxième montagne s'appelle The Eagles. Pour être plus précis en terme de ski, la partie du haut de la montagne est appelée la DELIRIUM DIVE. Pour pouvoir y skier, ça prend un permis spécial. Il faut également avoir suivi un cours sur la prévention en cas d'avalanche et connaître la montagne. Dangereux, mais beaucoup de vidéos de ski extrême y ont été tournés. Nul besoin de vous dire que nous n'y sommes pas allés.

La troisième montagne était ma préférée, Lookout Mountain. Dans le chairlift, on nous annonce que nous traversons au BC et un avant de descendre, nous revenons en Alberta, c'est assez spécial. C'est dans cette montagne que nous pouvons utiliser la piste #27, la World Cup Downhill où les meilleurs skieurs de la coupe du monde descendent cette piste sans arrêter. Je l'ai descendu en slalom pour ralentir ma vitesse et j'avais beaucoup de difficulté à m'imaginer ces champions la descendre sans même oser ralentir un brin. Wow ! Gail (Kelly), pour la première fois, j'ai eu une vague sensation de ce que tu peux éprouver et je te fais parvenir toute mon admiration. Lookout Mountain contient également le ROGERS TERRAIN PARK. Un parc avec d'une vingtaine de jumps pour tous les niveaux. Chacun des sauts est identifié comme les grandeurs de vêtements (S, M, L et XL). Dans les trois premières descentes, j'ai fait les small qui donnent quand même de bonnes sensations. Chaque fois, j'observais les médiums. En fin d'après-midi, je me sentais bien préparé pour un médium en particulier. Je pourrais le décrire comme une vallée. Il faut avoir passablement d'élan pour traverser une vallée et atterrir dans l'autre versant. Je peux vous dire que c'est une belle adrénaline quand tu survoles cette petite vallée, mais le feeling est vraiment faible une fois traversée puisqu'on ne fait que tout simplement redescendre la pente de l'autre côté, donc sans danger, si tu as assez d'élan, sinon dans le trou.
La quatrième montagne est celle que nous avons fait dès 8h45 le matin, on l'appelle Mount Standish. Si tôt le matin, la poudreuse était sensationnelle ! Le shuffle de mon MP3 a encore une fois bien fait les choses puisque la première chanson qui est venue à mes oreilles est B.Y.O.B. du groupe System Of A Down. Dans le refrain, on peut entendre :

Everybody's going to the party have a real good time
Dancing in the desert blowing up the SUNSHINE



Les pentes les plus abuptes devenaient des pentes de ouates. Mat et moi avons descendu une pente d'environ 60 ou 65 degrés d'inclinaison. Dans une poudreuse, ça aussi c'est tout un trip !
Nous avons terminé notre journée vers 15h en descendant la piste #71 de la Goat's Eye, une piste familiale et facile. Nous cuisses étaient fatiguées et c'était bien en masse pour nous. Je crois que nous l'avons descendu pendant une vingtaine de minutes. J'ai eu le temps d'écouter trois chansons et la dernière que mon shuffle m'a donné est : OUBLIER, l'excellente nouvelle chanson du groupe NOIR SILENCE qui finissait merveilleusement bien ma journée.

L'imperfection de cette journée ? Les batteries gelaient rapidement et ma caméra devenait inutilisable en montagne. Donc peu de photos, mais deux belles tout de même. La première, une photo prise du sommet de Goat's Eye qui nous permet de voir à l'horizon les deux autres montagnes.





La deuxième Mathieu et Mélanie avant de prendre le chairlift pour Lookout Mountain.





Nous sommes retournés à Edmonton vers 15h30 et à 20h nous étions à la maison. Mat n'a pas osé revenir par la route des Glaciers. Banff-Calgary-Edmonton était vraiment la meilleure route.
À 21h, nous dormions tous les trois !



La grande victoire de l'imparfait (jour 3)


Dimanche 3 février, jour du 42e Super Bowl. Si les Red Sox de Boston et les Yankees de New York représentent la plus grande rivalité du baseball, ces deux mêmes villes ont délégué leur équipe de football pour s'affronter lors de l'ultime match entre les Giants de New York et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Ces derniers, fort d'une saison invaincue en 19 rencontres s'amenaient sur le terrain débordant de confiance.

C'est à l'université francophone d'Edmonton, le Campus St-Jean, en compagnie de mes fidèles colocs, que je suis allé regarder ce match destiné à la perfection d'une saison des Patriots. Sur écran géant à RDS même, l'ambiance était complète. Plusieurs partisans des Pats comme moi trop confiants de leur victoire sont repartis bredouille, à la grande joie des quelques fans des Giants. Une belle leçon d'humilité, mais surtout : Une jambette à l'histoire d'une saison parfaite. Un club de 12 victoires et 6 défaites qui bat un club de 19 victoires et 0 défaite m'oblige à titrer : La grande victoire de l'imparfait !


L'imperfection de cette journée ? La fiche des Patriots : 19 victoires et une seule défaite... celle au Super Bowl.

Canadiens-Nordiques... dans l'ouest (jour 4)


Lundi 4 février. Notre forfait de 3 parties des Oilers se termine par la bataille de l'Alberta. Nous avons assisté au match d'ouverture par une victoire des Oilers en fusillade contre les Sharks. En décembre, une autre victoire d'Edmonton encore en fusillade contre Vancouver et ses nombreux spectateurs. Pour notre dernier billet, rien de moins que LA RIVALITÉ : Flames Vs Oilers. Calgary Vs Edmonton. La métropole albertaine Vs La capitale albertaine. Mon fils Xavier me trouve chanceux puisque j'irai voir les Flames et leur super gardien de but #34 Mikka Kiprusoff.
Avant l'arrivée des deux clubs sur la glace, la foule est moitié rouge et l'autre moitié est bleue. Certains partisans calgaréens s'affichent en portant une perruque en forme de flamme.

Au jeu de lumière, les Oilers sont les premiers à sauter sur la patinoire à la grande joie de leurs partisans qui les acclament haut et fort. Puis, sous les hués tout aussi forts, les Flames font leur entrée. Ici, on aime détester les Flames. Ce qui est ironique, c'est que les deux grandes vedettes de Calgary, #12 Jarome Iginla et #3 Dion Phaneuf sont nés et ont grandi à Edmonton. Chaque fois qu'ils touchent à la rondelle, ils sont considérés comme des traites et sont hués par cette même foule qui les a admirés dans leur jeunesse. Cependant, ils sont des images de fierté albertaine et s'impliquent également dans la communauté edmontonoise.

Tout au long de la rencontre, les rouges crient très fort GO FLAMES GO et les bleus en rajoutent par-dessus avec le célèbre LET'S GO OILERS en frappant des mains. À maintes occasions, on entend la foule d'Edmonton scander : CALGARY SUCKS !




À l'annonce des joueurs qui débuteront la rencontre, le gardien #32 Mathieu Garon est celui qui reçoit la plus forte acclamation du public qui le voit maintenant comme celui qui a sauvé les Oilers d'une saison désastreuse. Il a aussi pris toute la place dans le cœur des enfants. Les élèves ne parlent que de lui.


Deux clubs albertains, donc deux clubs du Canada, donc un seul hymne national : Le Ô Canada. Il est chanté haut et fort avec fierté par les partisans des deux clubs. Si les deux clubs se détestent, l'unifolié vient les unir. Plusieurs ont la main sur le cœur en chantant.

L'imperfection de cette journée ? L'entraîneur des Flames ne fait pas jouer le gardien de Xavier, Mikka Kiprusoff. C'est plutôt le bon vieux CUJO, Curtis Joseph, qui a longtemps été lui-même gardien pour les Oilers. La foule le hue également, puisqu'il est maintenant du côté des méchants, en hurlant dérisoirement : CUJO, CUJO !


Bien que les Flames aient une excellente saison et que les Oilers ne feront pas les séries, ce sont ces derniers qui ont pris les devants avec un pointage de 1-0 après la première période et de 3-0 après deux périodes.

Voyant que les Flames ne pouvaient remporter ce match, ils ont donné un show en troisième période. Plusieurs bagarres ont éclaté et même les deux gardiens en sont presque venus au coup lorsque CUJO a traversé la patinoire pour aller rejoindre Garon qui n'aurait pas refusé l'invitation si les arbitres n'étaient pas intervenus. Tout ça à la grande joie des partisans qui manifestaient aussi intensément que la rivalité elle-même.


Le match s'est terminé 5-0 pour les Oilers et le célèbre NA NA NA HEY HEY GOODBYE que je n'avais pas entendu depuis des années, a refait surface dans les dernières secondes. Que je détestais cette chanson quand les Canadiens battaient les Nordiques, mais comme j'adorais la chanter quand Québec gagnait contre Montréal !

Une très belle soirée qui terminait bien notre trio avec une troisième victoire. Si les Oilers ont une saison de misère, Mat Bross, Mélanie et moi en tant que partisans avons une fiche parfaite de 3 victoires en 3 parties.

Après le match, dans les couloirs de l'aréna et à l'extérieur du Rexall Place, c'est l'humiliation d'avoir battu les Flames 5-0 qui retenaient l'attention des supporters des huileux.

Boooooom !!!!!!!


Pour terminer la semaine, jeudi 7 et vendredi 8 février, nous avions un colloque pour tous les enseignants albertains au Centre des congrès d'Edmonton. Comme il y a peu d'espaces de stationnement et qu'ils sont dispendieux, Mat Bross et moi avons pris le transport en commun. Vendredi matin, notre autobus est dans sa voix de droite. Je discute avec Mat dans les premiers bancs en avant et soudain nous entendons klaxonner notre autobus qui freine en même temps. BOOOOOM ! Il est trop tard. Un Econoline blanc qui devait faire son stop s'est fait frapper lourdement. Mon sac qui était sur mon banc à côté a revolé 3 ou 4 mètres plus loin et nous avons eu une forte secousse. Mat s'est même fait mal à la cuisse.

Notre chauffeur se retourne aussitôt pour voir si tous les passagers sont corrects. Seul Mat aura un ecchymose, bref un bon bleu.


Devant nous, c'est l'horreur. L'énorme pare-brise craqué de l'autobus nous permet de voir la camionnette blanche qui a changé de trajectoire de 90 degrés et qui a frappé la conductrice directement dans sa porte. L'efficacité du sac gonflable a heureusement permis à la dame d'épargner toute blessure. En larmes et effrayée, elle est rapidement sortie du côté du passager. Sans doute le choc nerveux et l'adrénaline lui empêchaient d'avoir mal, mais elle ne semblait pas blessée.

Calmement, nous sommes sortis de l'autobus et avons attendu le suivant dans un froid hivernal des plus secs.


Vive les sacs gonflables. Pour ce qui est de Mat Bross, ne vous en faites pas, il a la couenne dure et il s'en remettra.

Ce congrès m'a permis d'écouter une superbe conférence du médaillé d'or en natation sur le dos aux Jeux Olympiques de 1992 de Barcelone, Mark Tewksbury, originaire de Calgary. Au début de sa conférence, il a montré ses trois médailles qu'il a remportées dans divers épreuves : une de bronze, une d'argent et une d'or. Il les a fait circuler dans la foule.


Lorsque j'ai eu la médaille d'or des JO, je l'ai prise (assez lourde en passant) et j'ai osé me la mettre dans le coup 2-3 secondes. Un frisson m'a transpercé le corps entier. Je l'ai enlevée et remise pour continuer de la faire circuler. À la fin de sa conférence, nous avons vu cette course remportée par 6 centièmes de seconde et nous l'avons vu pleurer sur le podium en recevant la même médaille que je me suis mise dans le cou.

Il a ensuite essayé de nous expliquer ce que 6 centièmes de seconde pour signifier en longueur. Il a dit que s'il s'était coupé les ongles avant la course qu'il n'est pas certain qu'il aurait gagné... Thanks God, I didn't cut my nails, avait-il dit.


Bonne semaine de la St-Valentin dont cette journée sera également l'anniversaire de Mat Bross.


Celui qui ne court pas après la perfection car l'imperfection lui apporte de beaux moments privilégiés et qui sait les apprécier,


Luc