Mardi le 22, il est 20h, je suis chez nous. Mat appelle pour que j'aille le rejoindre au petit pub sportif à côté de chez nous pour écouter le match des Oilers sur écran géant et jouer quelques parties de billard. Je n'ai pas les élèves pour mercredi puisque j'ai une formation sur les rudiments de la bible (j'enseigne dans une école catholique, alors...). Donc je les rejoins lui et sa blonde Mélanie. Les Oilers perdent et il est 22h. Le mardi, dans ce pub, c'est du karaoké. Il y a une gang qui veut que Mathieu chante, mais ils ne connaissent pas son nom. L'un d'eux cri 'Chad, we want Chad'. Mathieu se retourne et les gars sont heureux. Le même gars crie qu'il veut que Chad chante une chanson de Britney Spears. Je ris de voir mon ami gêné et un peu embêté. Après environ une demi-heure à écouter les autres, je me décide à oser une chanson. Après tout, je suis toujours invisible et un invisible est également un inconnu. Alors j'opte pour 'All the small things' de Blink-182. J'offre une performance digne d'applaudissements. Un peu plus tard, j'ai osé 'The middle' de Jimmy Eat World. Mélanie se risque et offre une solide performance de 'Me and Bobby McGee' de Janis Joplin. Chad n'a chanté aucune chanson puisque dans le karaoké, il n'y avait aucune chanson francophone.
Mercredi, Mathieu et moi étions ensemble à la formation et nous avons fait rire l'ensemble des enseignants présents par notre humour afin de rendre la formation plus détendue.
Vendredi le 26, je suis allé rejoindre mon ami anglophone Grant au dernier match local de la saison des Eskimos qui jouaient contre les Rough Riders de la Saskatchewan (tu m'as pris ma femme). Je n'ai pas de billet, alors je me présente à la billeterie du stade et juste à côté un gars m'offre un billet. Je lui demande le prix et il me répond : It's free man ! Wow, il a un billet de trop et il me l'offre gratuitement. Je le prends volontiers et je vais rejoindre Grant qui est très heureux de me revoir.
Les fans de Saskatchewan sont, sans contredit, les meilleurs de la ligue. Ils sont près de 10 000 à avoir fait le trajet de 9 ou 10 heures de bus. Ils ont des chapeaux verts sur la tête en forme de moissonneuse batteuse, ils ont la figure peinturée en vert et ils sont très bruyants. Dans la section où nous sommes situés, nous sommes entourés de Verts Bruyants. À mes côtés, il y a la plus grande gueule d'Edmonton, le plus grand fan des Eskimos : Grant. Il est très visible.
La partie tire bientôt à sa fin et Edmonton mène 29-14. Les Verts Bruyants se font très tranquilles. Même Grant les traite de 'No Soundskatchewan' ou de 'No Squatch on one'. C'est un humour que même les Verts Bruyants rient également des blagues de Grant. 2 minutes à faire, 29-22. Les Verts sonts trop bruyants, ils nous enterrent vraiment !! Grant leur répond : Saskwhat's the score ? Mais le bruit y est toujours.

La très jolie Stacy, 27 ans, vient s'assoir entre Grant et moi afin de calmer les ardeurs de Grant (et d'ouvrir les miens !!!) et encourager son club. Il reste une minute et Saskatchewan créé l'égalité. Il reste moins d'une minute et c'est 29-29. Du bruit vert infernal nous entraîne dans un tourbillon sonore. Je crois que pour la première fois, le bruit est mesurable en épaisseur. Avec 7 secondes à faire au match, le botteur des Eskimos tente un placement de 3 points de près de 60 verges. Il le réussit. La foule d’Edmonton est à son summum de bruit, mais il y a eu une pénalité, un hors jeu des Eskimos et il doit reprendre le botté. Les Verts Bruyants nous répliquent. Deuxième tentative, de 65 verges cette fois et c'est raté. Nous irons en prolongation, en overtime comme on dit ici.
En overtime, Saskatchewan l'emporte et Edmonton subit une défaite crève cœur. Stacy est très heureuse et me saute même dans les bras... et y est restée. Il n'y a pas que les Eskimos qui ont fait de l'overtime, il y a également... moi. J'ai accompagné Stacy à son bus et après un silence et un regard qui dit : bon qu'est-ce qu'on fait là ? Un échange de bon procédé s'est ensuivi . Sans échange de coordonnées de part ni d'autre, elle est remontée dans son bus et je suis retourné à mon auto en fredonnant l'air des 3 Accords : Saskatchewan, tu m'as donné une femme.

Samedi 27 octobre, je me lève tôt, car je pars pour Calgary. Mon premier coloc de La Romaine, Sébastien Maltais m'a laissé le courriel d'une stagiaire qu'il avait eu à Beauport et elle habite maintenant à Calgary. Elle s'appelle Stéphanie Vallières et est vraiment généreuse. Les Alouettes de Montréal jouent à Calgary ce soir et l'association francophone de Calgary offre des billets à 20$. Stéphanie m'y invite et j'y vais avec Steve de Jasper.
Sur la route 2 qui relie Edmonton à Calgary, il y a une grosse ville située entre les deux, c'est Red Deer. J'y fais un arrêt obligatoire, car mon cousin Marco Gilbert y est. Je n'ai pas vu Marco depuis qu'il est parti du Québec en 1986. Quelle joie de se revoir ! Comme je ne suis qu'à 150 km de chez lui, nous n'attendrons pas 21 autres années avant de nous revoir. Nous irons voir les Rebels de Red Deer avec ses 3 enfants qui étaient fort heureux de voir un cousin de leur papa. Je les quitte après une heure et demi ensemble en promettant de revenir très bientôt.
Il est 13h30, j'arrive à la maison de Stéphanie et son copain Chris. Chris et moi, ça fait Chris Dostie, pas pire hein ??? Nous nous rendons chez Marie-Ève là où (3 accents grave en trois mots c'est rare) d'autres amis nous attendaient. Le match de football est à 17h et nous arrivons à 15h dans le stationnement pour se faire un tailgate party. Hot-dogs, Kokanee et ambiance de partisans des Stampeders qui accueillent gentiement des partisans des Alouettes à leurs côtés. Apparaissant sur la photo :

Rangée 1 : Stéphanie, Marie, Andréanne, Annie et Émilie.
Rangée 2 : Un costaud fan des Stampeders fort sympathique, moi, Sylvain, celle que j'appelais l'enseignante dans une école catholique comme moi, un autre fan des Stampeders et Marie-Ève.
3 Cheerleaders des Stampeders passent par là pour vendre leur calendrier, mais j'ai déjà le mien des Eskimos . Je prends tout de même une photo en leur compagnie (dure vie, je sais !!!).

Steve réussit à nous rejoindre, ainsi que Kurt et Chris et nous sommes complets pour le match. Nous saluons nos voisins du tailgate qui feront la fête dans le stationnement plutôt que de voir la partie.
Quelle ambiance dans un stade presque rempli dont la photo vous fait voir moi en compagnie de Stéphanie et Chris et même Marie-Ève qui est debout ! Le match se termine 33-32 pour Montréal à notre grande joie. Quelques fêtards ont dû obliger les policiers sur place à intervenir et pour la première fois de ma vie, j'ai vu l'utilité du poivre de cayenne. L'homme s'est effondré et hurlait de douleur tellement ça chauffait. D'autres spectateurs versaient des bouteilles d'eau dans son visage, mais c'était insuffisant. Nous ressentions tous sa douleur.

Dans cette ambiance de victoire québécoise, Stéphanie, Marie, Steve et moi chantions Alouette gentille alouette, alouette je te plumerai.
Comme si ce n'était pas assez, cette charmante famille d'accueil de fin de semaine nous a fait sortir au Ossi Rules. C'est un bar un peu comme le 2 Pierrot à Montréal ou la Grimace (devenu Petite Grenouille) à Québec. Au lieu d'être des chansonniers avec guitare acoustique, ce sont deux pianos qu'il y a sur scène et trois pianistes en rotation qui chantent également avec beaucoup d'entrain. Il faut écrire nos demandes spéciales sur des billets de banques et on le met sur le piano. S’ils ne savent pas jouer la chanson, ils remettent l'argent. J'ai perdu 5$ car j'ai demandé 500 miles du groupe The Proclaimers et ils l'ont fait. Mais tout le monde dansait sur les tables, les chaises et partout ça criait. Ils ont même fait la chanson préférée de mon fils Xavier 'Hey there Delilah' et tout le monde chantait fort cette jolie ballade.
Un peu trop d'Alexander Keith du Ossi Rules m'ont empêché d'apprécier ma poutine de fin de soirée au Boston Pizza avant de gentiment revenir en taxi.
Un réveil vers 9h m'a également permis de visiter la ville de Calgary avant de retourner dans ma ville de l'huile. Un remerciement sincère à Stéphanie et Chris pour cet accueil extraordinaire !
Une montée dans la tour de Calgary (190 mètres de hauteur) m'a donné la chance de voir les Rocheuses au loin ainsi que de voir la ville et m'orienter facilement pour conduire. Observez la photo en pièce-jointe. Ce sont bien mes pieds que l'on voit qui semble être dans le vide, mais c'est un plancher de plastique transparent. Certaines émotions de hauteur assez particulières. J'ai vécu la tour du CN il y a une dizaines d'années, mais être le plus haut possible est toujours impressionnant.

Edmonton et Calgary s'affrontaient en après-midi au Pengrowth Saddledome. Mais l'aréna des Flames accueillaient la bataille de l'Alberta au hockey junior remportés 4-3 par les Oil Kings d'Edmonton sur les Hitmen, mais je n'y suis pas allé. Toutefois, j'ai vécu une autre bataille de l'Alberta à ma façon en allant vendredi au match de football à Edmonton et celui de Calgary le samedi. Quand je mentionnais aux gens que j'habitais Edmonton, je sentais une certaine réticence comme les Montréalais peuvent agir envers Québec. Comme si ces deux capitales nationales avaient à envier aux deux métropoles. C'est de bonne guerre tout simplement. J'en conclue que ce sont deux belles villes différentes où on construira plus de 11 000 logements abordables d'ici 5 ans tellement le développement est en ascension. Voilà pourquoi la construction attire tant de gens de l'extérieur.
Inutile de détailler pourquoi ma mère m'a appelé à 20h et que je dormais déjà.
Bonne semaine à vous et faites attention au Dalaï Lama du Tibet qui est plus près de vous que de moi.
Celui qui vit bien la rivalité albertaine, mais qui garde un beau souvenir de la Saskatchewan,
Luc

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