Qui êtes-vous ?

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Salut à toi, je suis Luc Dostie né à St-Joseph-de-Beauce. J'ai enseigné au primaire 5 ans à La Romaine, 4 ans à Montréal, 2 ans en Beauce et maintenant pour une 2e année à Edmonton, AB. Outre mon fils Xavier qui passera toujours premier, l'écriture est ma plus grande passion qui dérive de mon métier. J'avais l'habitude d'envoyer les messages ci-dessous par courriel et voilà que l'idée de créer un blogue m'est venue. Mon public cible est d'abord mes amis, celles et ceux à qui je veux informer de mon périple albertain. Celui qui te souhaite la plus sincère bienvenue sur cette page, Luc...........................................Greetings to you, I'm Luc Dostie born in St-Joseph-de-Beauce, QC. I taught Natives in La Romaine in grade 6 for 5 years, 4 years in Montreal and 2 years in La Beauce. Now I’m teaching in Edmonton, AB for a 2nd year.Besides my son Xavier who will always be first, writing is my biggest passion which derives from my job. I used to forward messages such as the ones below by email and then it occured to me, I could create a blog. Foremost I hope to inform my friends about my West Canadian adventure. The one who wishes you the most sincere welcome on this page, Luc

lundi 29 octobre 2007

Chad, overtime et la bataille de l'Alberta

Salut les accommodeux raisonnables,


Mardi le 22, il est 20h, je suis chez nous. Mat appelle pour que j'aille le rejoindre au petit pub sportif à côté de chez nous pour écouter le match des Oilers sur écran géant et jouer quelques parties de billard. Je n'ai pas les élèves pour mercredi puisque j'ai une formation sur les rudiments de la bible (j'enseigne dans une école catholique, alors...). Donc je les rejoins lui et sa blonde Mélanie. Les Oilers perdent et il est 22h. Le mardi, dans ce pub, c'est du karaoké. Il y a une gang qui veut que Mathieu chante, mais ils ne connaissent pas son nom. L'un d'eux cri 'Chad, we want Chad'. Mathieu se retourne et les gars sont heureux. Le même gars crie qu'il veut que Chad chante une chanson de Britney Spears. Je ris de voir mon ami gêné et un peu embêté. Après environ une demi-heure à écouter les autres, je me décide à oser une chanson. Après tout, je suis toujours invisible et un invisible est également un inconnu. Alors j'opte pour 'All the small things' de Blink-182. J'offre une performance digne d'applaudissements. Un peu plus tard, j'ai osé 'The middle' de Jimmy Eat World. Mélanie se risque et offre une solide performance de 'Me and Bobby McGee' de Janis Joplin. Chad n'a chanté aucune chanson puisque dans le karaoké, il n'y avait aucune chanson francophone.

Mercredi, Mathieu et moi étions ensemble à la formation et nous avons fait rire l'ensemble des enseignants présents par notre humour afin de rendre la formation plus détendue.

Vendredi le 26, je suis allé rejoindre mon ami anglophone Grant au dernier match local de la saison des Eskimos qui jouaient contre les Rough Riders de la Saskatchewan (tu m'as pris ma femme). Je n'ai pas de billet, alors je me présente à la billeterie du stade et juste à côté un gars m'offre un billet. Je lui demande le prix et il me répond : It's free man ! Wow, il a un billet de trop et il me l'offre gratuitement. Je le prends volontiers et je vais rejoindre Grant qui est très heureux de me revoir.

Les fans de Saskatchewan sont, sans contredit, les meilleurs de la ligue. Ils sont près de 10 000 à avoir fait le trajet de 9 ou 10 heures de bus. Ils ont des chapeaux verts sur la tête en forme de moissonneuse batteuse, ils ont la figure peinturée en vert et ils sont très bruyants. Dans la section où nous sommes situés, nous sommes entourés de Verts Bruyants. À mes côtés, il y a la plus grande gueule d'Edmonton, le plus grand fan des Eskimos : Grant. Il est très visible.
La partie tire bientôt à sa fin et Edmonton mène 29-14. Les Verts Bruyants se font très tranquilles. Même Grant les traite de 'No Soundskatchewan' ou de 'No Squatch on one'. C'est un humour que même les Verts Bruyants rient également des blagues de Grant. 2 minutes à faire, 29-22. Les Verts sonts trop bruyants, ils nous enterrent vraiment !! Grant leur répond : Saskwhat's the score ? Mais le bruit y est toujours.





La très jolie Stacy, 27 ans, vient s'assoir entre Grant et moi afin de calmer les ardeurs de Grant (et d'ouvrir les miens !!!) et encourager son club. Il reste une minute et Saskatchewan créé l'égalité. Il reste moins d'une minute et c'est 29-29. Du bruit vert infernal nous entraîne dans un tourbillon sonore. Je crois que pour la première fois, le bruit est mesurable en épaisseur. Avec 7 secondes à faire au match, le botteur des Eskimos tente un placement de 3 points de près de 60 verges. Il le réussit. La foule d’Edmonton est à son summum de bruit, mais il y a eu une pénalité, un hors jeu des Eskimos et il doit reprendre le botté. Les Verts Bruyants nous répliquent. Deuxième tentative, de 65 verges cette fois et c'est raté. Nous irons en prolongation, en overtime comme on dit ici.


En overtime, Saskatchewan l'emporte et Edmonton subit une défaite crève cœur. Stacy est très heureuse et me saute même dans les bras... et y est restée. Il n'y a pas que les Eskimos qui ont fait de l'overtime, il y a également... moi. J'ai accompagné Stacy à son bus et après un silence et un regard qui dit : bon qu'est-ce qu'on fait là ? Un échange de bon procédé s'est ensuivi . Sans échange de coordonnées de part ni d'autre, elle est remontée dans son bus et je suis retourné à mon auto en fredonnant l'air des 3 Accords : Saskatchewan, tu m'as donné une femme.





Samedi 27 octobre, je me lève tôt, car je pars pour Calgary. Mon premier coloc de La Romaine, Sébastien Maltais m'a laissé le courriel d'une stagiaire qu'il avait eu à Beauport et elle habite maintenant à Calgary. Elle s'appelle Stéphanie Vallières et est vraiment généreuse. Les Alouettes de Montréal jouent à Calgary ce soir et l'association francophone de Calgary offre des billets à 20$. Stéphanie m'y invite et j'y vais avec Steve de Jasper.


Sur la route 2 qui relie Edmonton à Calgary, il y a une grosse ville située entre les deux, c'est Red Deer. J'y fais un arrêt obligatoire, car mon cousin Marco Gilbert y est. Je n'ai pas vu Marco depuis qu'il est parti du Québec en 1986. Quelle joie de se revoir ! Comme je ne suis qu'à 150 km de chez lui, nous n'attendrons pas 21 autres années avant de nous revoir. Nous irons voir les Rebels de Red Deer avec ses 3 enfants qui étaient fort heureux de voir un cousin de leur papa. Je les quitte après une heure et demi ensemble en promettant de revenir très bientôt.


Il est 13h30, j'arrive à la maison de Stéphanie et son copain Chris. Chris et moi, ça fait Chris Dostie, pas pire hein ??? Nous nous rendons chez Marie-Ève là où (3 accents grave en trois mots c'est rare) d'autres amis nous attendaient. Le match de football est à 17h et nous arrivons à 15h dans le stationnement pour se faire un tailgate party. Hot-dogs, Kokanee et ambiance de partisans des Stampeders qui accueillent gentiement des partisans des Alouettes à leurs côtés. Apparaissant sur la photo :




Rangée 1 : Stéphanie, Marie, Andréanne, Annie et Émilie.
Rangée 2 : Un costaud fan des Stampeders fort sympathique, moi, Sylvain, celle que j'appelais l'enseignante dans une école catholique comme moi, un autre fan des Stampeders et Marie-Ève.


3 Cheerleaders des Stampeders passent par là pour vendre leur calendrier, mais j'ai déjà le mien des Eskimos . Je prends tout de même une photo en leur compagnie (dure vie, je sais !!!).



Steve réussit à nous rejoindre, ainsi que Kurt et Chris et nous sommes complets pour le match. Nous saluons nos voisins du tailgate qui feront la fête dans le stationnement plutôt que de voir la partie.


Quelle ambiance dans un stade presque rempli dont la photo vous fait voir moi en compagnie de Stéphanie et Chris et même Marie-Ève qui est debout ! Le match se termine 33-32 pour Montréal à notre grande joie. Quelques fêtards ont dû obliger les policiers sur place à intervenir et pour la première fois de ma vie, j'ai vu l'utilité du poivre de cayenne. L'homme s'est effondré et hurlait de douleur tellement ça chauffait. D'autres spectateurs versaient des bouteilles d'eau dans son visage, mais c'était insuffisant. Nous ressentions tous sa douleur.




Dans cette ambiance de victoire québécoise, Stéphanie, Marie, Steve et moi chantions Alouette gentille alouette, alouette je te plumerai.


Comme si ce n'était pas assez, cette charmante famille d'accueil de fin de semaine nous a fait sortir au Ossi Rules. C'est un bar un peu comme le 2 Pierrot à Montréal ou la Grimace (devenu Petite Grenouille) à Québec. Au lieu d'être des chansonniers avec guitare acoustique, ce sont deux pianos qu'il y a sur scène et trois pianistes en rotation qui chantent également avec beaucoup d'entrain. Il faut écrire nos demandes spéciales sur des billets de banques et on le met sur le piano. S’ils ne savent pas jouer la chanson, ils remettent l'argent. J'ai perdu 5$ car j'ai demandé 500 miles du groupe The Proclaimers et ils l'ont fait. Mais tout le monde dansait sur les tables, les chaises et partout ça criait. Ils ont même fait la chanson préférée de mon fils Xavier 'Hey there Delilah' et tout le monde chantait fort cette jolie ballade.

Un peu trop d'Alexander Keith du Ossi Rules m'ont empêché d'apprécier ma poutine de fin de soirée au Boston Pizza avant de gentiment revenir en taxi.


Un réveil vers 9h m'a également permis de visiter la ville de Calgary avant de retourner dans ma ville de l'huile. Un remerciement sincère à Stéphanie et Chris pour cet accueil extraordinaire !

Une montée dans la tour de Calgary (190 mètres de hauteur) m'a donné la chance de voir les Rocheuses au loin ainsi que de voir la ville et m'orienter facilement pour conduire. Observez la photo en pièce-jointe. Ce sont bien mes pieds que l'on voit qui semble être dans le vide, mais c'est un plancher de plastique transparent. Certaines émotions de hauteur assez particulières. J'ai vécu la tour du CN il y a une dizaines d'années, mais être le plus haut possible est toujours impressionnant.




Edmonton et Calgary s'affrontaient en après-midi au Pengrowth Saddledome. Mais l'aréna des Flames accueillaient la bataille de l'Alberta au hockey junior remportés 4-3 par les Oil Kings d'Edmonton sur les Hitmen, mais je n'y suis pas allé. Toutefois, j'ai vécu une autre bataille de l'Alberta à ma façon en allant vendredi au match de football à Edmonton et celui de Calgary le samedi. Quand je mentionnais aux gens que j'habitais Edmonton, je sentais une certaine réticence comme les Montréalais peuvent agir envers Québec. Comme si ces deux capitales nationales avaient à envier aux deux métropoles. C'est de bonne guerre tout simplement. J'en conclue que ce sont deux belles villes différentes où on construira plus de 11 000 logements abordables d'ici 5 ans tellement le développement est en ascension. Voilà pourquoi la construction attire tant de gens de l'extérieur.


Inutile de détailler pourquoi ma mère m'a appelé à 20h et que je dormais déjà.

Bonne semaine à vous et faites attention au Dalaï Lama du Tibet qui est plus près de vous que de moi.


Celui qui vit bien la rivalité albertaine, mais qui garde un beau souvenir de la Saskatchewan,


Luc

mercredi 24 octobre 2007

Eskimos, Sum-41 et Al Gore

Salut les deux heures plus tard que moi,

Après une autre belle semaine d'école et un jeudi soir où j'ai joué au hockey, mais cette fois, j'ai beaucoup mieux joué, une belle fin de semaine m'attendait pour me proposer plein d'activités aux coûts fort abordables.



D'abord de la grande visite de Jasper soit Marie-Claude et Steve avaient une réunion à Edmonton et ont accepté notre offre de logement pour chacun de leurs passages en ville. Ce qui égaye tout le monde puisqu'ils sont fantastiquement cools. Steve et moi écoutons le match des Oilers contre les Canucks à la télé en ce vendredi soir.



Ce samedi après-midi, pendant que Mat Bross et Mélanie étaient à Jasper et que Marie-Claude et Steve étaient à leur réunion, je me retrouvais seul en ville. J'ai décidé de me payer un luxe et d'aller rejoindre mon ami anglophone Grant Mess au stade des Eskimos pour le match contre les Lions de BC. Croyant que le match était à 14 heures, je me suis dit que je pourrais arriver un peu à l'avance et voir le réchauffement. En réalité, le match débutait à 13h et quand je suis arrivé au stade les deux clubs s'affrontaient déjà. Comme je n'avais toujours pas acheté mon billet, des scalpers cherchaient à se faire quelques dollars avec leurs billets restants. J'ai donc eu un billet de 40$ pour la modique somme de 10 piastres.



Je suis aussitôt allé rejoindre Grant dans sa section où il a son billet de saison et fort heureusement, personne n'occupait le siège à ses côtés. En sa compagnie, mon anglais s'améliore, mais en compagnie de ses amis, il ne manque pas une occasion pour rire de mon accent ou de ma prononciation.


Pendant une annonce publicitaire, la chanson 'All The Small Things' du groupe Blink-182 jouait et comme je connais très bien les paroles, je l'ai chantée. Lors de la reprise du jeu, il s'est levé (pour m'insulter encore plus) et a dit aux gens autour : 'Eh ! Peux-tu m'expliquer quelque chose ? Pourquoi quand tu chantes tu n'as aucun accent ? Peux-tu SVP nous chanter quand tu nous parles ? Les gens autour tapaient dans les mains de Grant pour montrer que sa blague était excellente. Ridiculisé, je devais de réagir. Comme j'ai pris le temps d'apprendre la chanson des Eskimos (Eskimo fight song), je leur ai chanté avec le plus grand accent prononcé que je pouvais utiliser. J'ai eu droit à quelques tapes dans mes mains au grand déshonneur de Grant. Je vous mets en lien les paroles de la chanson et vous pourrez également cliquer sur click here to listen to the Eskimo Fight Song.

http://www.esks.com/default.asp?V_DOC_ID=1360



Une heure plus tard, la vraie Eskimo Fight Song a joué et j'ai filmé ce moment où toute la foule du stade chantait en même temps.



Bien que les Eskimos ont perdu sur le dernier jeu du match, nous avons eu droit à une bonne rencontre. Allant à la salle de bain avant de quitter le stade, Grant a rencontré par hasard son frère Dave qui est toute une pièce d'homme. Grant m'a expliqué que Dave Mess a joué quelques parties pour les Eskimos avant de subir une blessure qui a mis fin à sa carrière.




Mitch et Marie-Ève ainsi que leur belle petite Zoé, 1 an, sont venus nous rejoindre samedi soir au 9045 de notre 92e rue. Nous nous sommes faits un bon souper accompagné de bouteilles de vin et de discussions fort intéressantes tout en écoutant le match d'ouverture des Canadiens à RDS qui était à 17h pour nous (eh oui, nous avons RDS, TVA, SRC, mais pas TQS ni Télé-Québec). Le deuxième match des Oilers contre les Canucks, cette fois à Vancouver était présenté à 20h.


Un dimanche bien tranquille à écouter le football entre amis dont le tant attendu Patriots contre les Cowboys de Dallas. Tout comme plusieurs d'entres vous, Tout le monde en parle fait également partie de ma routine du dimanche soir.


Sachant que ma première paye de fin septembre allait disparaître assez rapidement pour les comptes restants du Québec, je me suis payé un luxe en m'achetant un billet pour le spectacle de Sum 41 et Finger Eleven au Shaw Conference Centre. Ce show était lundi le 15 octobre et débutait à 18h15 avec Die Mannequin comme premier artiste. Le hasard fait drôlement les choses car au Woodstock en Beauce, je voulais voir ce groupe l'été dernier, mais j'avais oublié mes piquets de tente et j'avais dû retourner chez nous pendant que ce groupe jouait. Ils ont été très bons, bien que le son ne fût pas extra.


Ensuite venait Finger Eleven. Wow, quel groupe fantastique. Ils ont enligné les pièces de leurs deux derniers albums dont une nouvelle ballade qui, je crois, deviendra un succès radiophoniques 'I'll keep your memory vague'. Maintenant que je comprends beaucoup mieux l'anglais, les paroles sont venues me chercher. Ils ont terminé le spectacle par leur gros canon qui a joué tout l'été et qui est devenu l'hymne nationale des pistes de danse ici : 'Paralyzer'. Cette chanson était le moment de la soirée car elle était très attendue par la foule. Finger Eleven a ajouté en milieu de chanson un extrait de 'Take me out' de Franz Ferdinand, en plus d'un extrait de 'Another Brick in the Wall' de Pink Floyd avant de terminer l'intégrale de 'Paralyzer'. 5 étoiles pour Finger Eleven.


Finalement, Sum 41. Dans un décor de vrai show de modern rock, ils ont enlignés succès après succès. Le chanteur Derrick (marié à la chanteuse Avril Lavigne) est vraiment énergique et a fait participer la foule en nous faisant sauter, danser et chanter de vive voix. 'Walking Disaster', 'Pieces' et 'Fat Lip' ont été les moments forts de la soirée. Au rappel, chacun des membres a changé d'instruments. Le chanteur et le batteur ont inversé tout comme le bassiste et le guitariste et ont terminé avec 'In too deep' et 'Pressure for Pain'.


À la sortie, la chanteuse de Die Mannequin signait des autographes et je lui ai demandé si elle avait aimé donner un spectacle au Woodstock en Beauce. Elle m'a regardé dans les yeux et a crié : WOODSTOCK !!!! Oh man, the best show we did. The crowd was just awesome !!! You were at Woodstock too ? Yeah !!!! (traduction libre).


Mardi soir, comme les Canadiens finissent de jouer aux environs de 20h, je suis allé me louer un film qui, je crois, changera ma vie. Sachant que l'ex-futur président des États-Unis, Al Gore, venait de remporter le prix Nobel de la Paix, j'ai opté pour son documentaire 'An Inconvenient Truth' (Une vérité qui dérange) et j'ai été estomaqué et je ne fais pas que vous le recommander, je vous dis que tout le monde sur terre devrait voir ça pour comprendre le réchauffement climatique. Il a réussi à monopoliser les grands dirigeants politiques de partout sur la terre pour une seule et même cause, notre mère la Terre. À voir absolument !!!


Avant de me coucher, j'ai vérifié mes courriels et l'un d'eux provenait de mon amie Julie Cyr qui en longtemps enseigné avec moi à La Romaine. Ce courriel aurait également pu s'intituler : Une vérité qui dérange, car elle m'apprenait qu'un infarctus avait eu raison de son papa. Toutes mes plus sincères condoléances à toi Julie, Simon et toute votre famille stelzéarienne de la Beauce.

Bonne semaine à tous !


Celui qui fait travailler votre curseur quand vous ouvrez mes courriels et qui essaie de limiter ses mots à chaque fois mais qui n'y arrive pas et c'est tant mieux car il y a tant à dire.


Luc

mercredi 10 octobre 2007

L'homme invisible

Salut les visibles du 400e,

Jeudi soir 19h, Marie-Claude et Steve ont un billet de trop pour aller au théâtre. La pièce s'intitule L'homme invisible / The invisible man. Le titre est bilingue car la pièce au complet est bilingue. Mon anglais actuel m'a permis d'être très à l'aise dans les deux langues. La pièce était tout simplement excellente.

En fait, j'ai fini par comprendre la pièce quelques heures après la dernière scène. L'homme invisible, c'est un peu moi quand je suis arrivé ici et encore en certaines occasions.

Dans cette histoire, l'homme invisible est un franco-ontarien né à Timmins en Ontario et qui vit en petite communauté francophone dans un milieu anglophone. Il se fond dans la masse anglaise. De plus, the invisible man est un anglophone ontarien qui vient vivre dans la francophonie de la ville de Québec. Il se fond lui aussi dans la masse, mais une masse française.

Comme ces deux personnages, je suis également l'homme invisible aux yeux de plusieurs edmontonois. Dans plusieurs activés que j'ai décrites dans les courriels précédents, je demeure très incognito pour les gens d'ici. Bien que mon anglais s'améliore de jour en jour, il n'en demeure pas moins qu'en certaines occasions, je me fais ma propre barrière de la langue et ma gêne de la langue anglaise me prive de certaines conversations plus élaborées avec des gens qui me demandent mon opinion sur certains sujets.

Ne vous en faites pas, c'est une réaction qui est tout à fait normale et je ne suis pas mal dans cette situation. Tous les francophones que j'ai rencontrés ont tous vécu l'invisibilité en maintes occasions avant de devenir visible.

Je pense à mes élèves en ce moment qui vivent l'anglais de tous les jours ainsi que le français à l'école depuis leur maternelle et qui arrivent à s'exprimer convenablement dans la langue de Molière. À 9 ans, ils sont aujourd'hui visibles dans les deux langues. Cette semaine, nous avons reçu une spécialiste en insectes dans la classe et la présentation était uniquement en anglais (difficile de trouver des spécialistes en français) et j'ai dû m'adapter rapidement à la langue puisque c'est moi qui donnais le support. Bien que les enfants sont tous meilleurs que moi dans la langue de Shakespeare, ils m'ont trouvé très bon et c'est très flatteur. La spécialiste avait des 1000 pattes de 30 cm de long et 5 cm de large (752 pattes pour être précis). C'est gros en tabouère. Ça prend les deux mains pour le tenir. Beaucoup d'autres insectes de ce genre fort impressionnant comme des coquerelles de 7 à 8 cm.

Un moment donné, la spécialiste m'a demandé de lui donner le plat qui contenait des sangsues blanches (whites leechs) et je lui ai donné des feuilles blanches (whites leaves). J'aurais voulu être invisible quand les élèves ont remarqué mon erreur flagrante.

Néanmoins, je me suis rendu compte qu'il était possible d'être et de rester invisible par choix à travers tout le Canada anglais et de faire sa vie en français. Il y a plusieurs communautés francophones dans chacune des 9 provinces anglaises. Le Nouveau-Brunswick s'affiche lui-même bilingue, le nord de l'Ontario est très francophone. Le français, bien que méprisé par une très légère minorité, est très à la mode ici. Parler français, c'est in.

Quand je vais dans des endroits fréquentés par des invisibles francophones, j'ai toujours l'impression qu'ils proviennent tous du Québec, mais je reste toujours surpris de voir qu'il y a des invisibles francophones de l'Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et même de l'Alberta. Pour certains, mon anglais est meilleur qu'eux...

Vendredi soir, l'homme invisible en moi avait plusieurs options, mais j'ai choisi la fidélité. Un roumain d'adoption, Lucian Bute, a rempli le Centre Bell de Montréal sous les acclamations de la foule largement francophone venu appuyer l'ancien invisible qui a pris le temps d'apprendre le français et de s'y exprimer convenablement. Bien qu'il soit né et éduqué en Roumanie, il n'en demeure pas moins que j'avais la véritable impression d'encourager un québécois pure laine. Il ne m'a pas déçu et est devenu champion du monde de boxe. Une belle personnalité, à l'image de son patron Éric Lucas, pour redonner une belle image à ce sport qui est devenu plus technique que violent. Bravo Lucian, tu es un grand champion international de... boxe.

Samedi, j'ai apporté mon invisibilité jusqu'au parlement provincial, the Alberta's Legislature Building. Ayant visité l'Hôtel du parlement de Québec et celui du Canada à Ottawa, je suis fier de constater que le plus beau demeure encore à mes yeux celui de Québec. L'Histoire, les nations diverses, la culture et l'honneur ont une aussi grande importance que la politique, ce que je n'ai pas découvert autant ici. Mais c'est un parlement d'une grande classe, riche en architecture et cette jeune province (1905) créé présentement son histoire et l'affiche fièrement. Si le PQ et les Libéraux se sont partagés le pouvoir dans les dernières décennies, les Conservateurs provinciaux sont à la tête du pouvoir depuis le début des années 70 et par une très grande majorité dans chacune des élections. Si Jean Charest, André Boisclair ou Mario Dumont sont des sujets de conversations, ici c'est le grand respect. Ralf Klein (ancien premier ministre) est adulé. Les gens parlent peu ou pas de politique car ils sont satisfaits.


Un fait cocasse qui représente beaucoup, ma guide (Josée avec un accent aigu sur le E) m'a fait savoir qu'elle venait de Lac-Etchemin près de la Beauce. Son accent cassé francophone m'aurait fait complètement ignorer son origine de Chaudière-Appalaches si elle ne me l'avait pas mentionné. Bien qu'elle m'ait offert le français, je lui ai répondu : ' Non merci, je préfère l'invisibilité. Continue en anglais'. Après tout, je suis en train de devenir visible.

J'ai laissé mon invisibilité dans l'auto et je me suis fait visible au dernier match de la saison des Golden Bears. C'est en compagnie de Grant que nous avons passé la partie à converser dans la langue de Shakespeare. Nos ours d'or ont subi une cuisante défaite aux mains des puissants Huskies de la Saskatchewan (tu m'as pris ma femme). Toutefois, après avoir vu tous les clubs de la ligue, je considère les Bisons du Manitoba comme étant l'équipe à battre dans l'ouest. Rouge et Or contre Bisons serait très excitant. Mon cœur pencherait cette fois pour les représentants de l'Ouest.

Un samedi soir bien tranquille, car un gros dimanche m'attendait. D'abord une ronde de golf en compagnie de Martin, concierge de notre école, au Riverside Golf Club, sur le bord de la rivière North Saskatchewan. Du golf en octobre, c'est aussi motivant que le grand retour de Mike Weir (qui est aussi vénéré que Tiger Woods ici). Une belle ronde d'exactement 100 pour moi et de 103 pour Martin. Terrain très large et peu de fosses de sables.

Dimanche soir, une belle soirée sans le grand méchant loup. Comme le dit la chanson pour enfant :
Promenons-nous dans le bois
Pendant que le loup n'y est pas
Si le loup y était
Il nous mangerait...

Le grand méchant loup, c'est la langue anglaise. Les petits moutons, ce sont nous les francophones. Une soirée toute francophone avec le groupe du Québec, Les Trois Accords. Une première soirée dans un bar avec aucun mot anglais. Aucun mot anglais n'a également été prononcé par le groupe. C'était leur dernier spectacle d'une tournée d'un an et demi et ils ont donné tout un show. Moi qui croyait aller voir un groupe dans une salle plus que vide a rapidement constaté que le bar était plein à craquer. Le grand méchant loup anglo parti, plus de 1000 petits moutons franco se sont amusés. Très belle ambiance et la foule ne chantait pas les chansons, la foule gueulait les chansons, au grand plaisir des 3 accords qui n'en revenaient pas d'un accueil aussi chaleureux et ils nous le l'ont bien rendus par leur présence sur scène. Grand Champion International de Course, Lucille, Tout Nu sur la Plage, Hawaïenne et la toute dernière Pièce-de-Viande ont été de grands moments de la soirée. Saskatchewan a été chantée mot à mot par la foule. Seuls les instruments nous accompagnaient.


Apparaissant sur la photo :
1re rangée : Jessy, Éloïse, Moi, Danielle et Réal
2e rangée : Les 3 Accords que l'on voit très bien avec Alexandre Parr, Simon Proulx et Olivier Benoît.

Bonne semaine à tous !

Celui qui est de plus en plus visible dans la langue de Shakespeare, mais qui est l'homme invisible aux yeux d'un grand garçon de 6 ans... depuis 4 mois déjà,

Luc

dimanche 7 octobre 2007

Byan Perro, Oilers et Tommy Lee

Salut les érabliers et les érablières,

À ce moment-ci, la feuille d'érable vous la voyez tomber des arbres avec de magnifiques couleurs. Nous ici, on la voit partout, sauf dans les érables que nous n'avons pas... et elle n'a qu'une couleur : rouge.

Mardi matin, nous avons reçu l'auteur du grand succès jeunesse Amos Daragon, M. Bryan Perro. Il a pris le temps de raconter son parcours d'écriture d'une façon à donner le goût à chacun des enfants d'avoir un plaisir de lire et d'écrire. Il les a fait beaucoup rire, il a su les écouter également tout en laissant l'imaginaire faire le reste. Très sympathique et malgré le temps à sa disposition, très abordable. Traduit en plus d'une dizaine de langues différentes, il s'est présenté devant les enfants d'une façon modeste et accessible. Un bien beau moment également fut celui de voir les enfants faire signer leurs propres livres et les yeux de fierté à venir nous le montrer et nous en parler.

Mercredi, ma première journée d'école sans les élèves. En fait, j'avais une formation sur les Plans Individuels Personnalisés (PIP) à la Cité Francophone d'Edmonton et un remplaçant passait la journée avec mes élèves. Ce qui a été encore plus formidable, c'est que nous avons pris notre dîner au Café des artistes, là ou nul autre que... Bryan Perro mangeait également. Tout fin seul, il s'est joint à notre table pour socialiser pendant le repas. C'est vraiment une heure intime dont nous avons tous profiter. Ma collègue Marianne a ouvert une porte lui racontant que moi aussi j'avais écrit des livres. Il s'est montré intéressé et m'a posé beaucoup de questions. L'intervieweur en moi devenait l'interviewé. Se rappelant vaguement de notre conversation au salon du livre de Québec, il est reparti avec un exemplaire dédicacé du COQ dans ses valises.

Quand je suis revenu en classe, le jeudi matin, le suppléant m'avait laissé comme note : Les élèves sont très gentils et très travaillant. Le travail est complété pour presque tous les élèves. Merci à vous et n'hésitez pas à me rappeler. N'est-ce pas plaisant ?

Jeudi, 4 octobre 2007 : GO OILERS GO !!! Je suis allé voir la partie d'ouverture des Oilers contre les Sharks de San Jose. Quelle ambiance !!! En marchant du stationnement jusqu'au Rexall Place, tout le monde est heureux, c'est une vraie fraternité. Je passe devant la statue de Wayne Gretzky et je le salue fièrement. Je lui dois au moins ça.

Au Centre Bell, nous voyons des partisans avec des gilets des Canadiens avec le nom et numéro des joueurs actuels dans le dos. Si un joueur se fait échanger ou change de numéro, on ne voit plus ce gilet.
Ici, c'est tout le contraire. Beaucoup de partisans s'achètent les gilets actuels et font écrire dans le dos le nom des anciens joueurs qui ont marqué l'histoire des Oilers. #99 Gretzky, #17 Kurri, #11 Messier, #7 Coffey, #31 Fuhr et même #94 Smyth sont encore de grands vendeurs de gilets de l'équipe dans les boutiques tant chez les adultes que les gilets pour enfant. Je verrais bien de jeunes enfants porter les gilets des Canadiens #9 Richard ou encore #4 Béliveau.
Une fois dans le temple des Oilers, c'est le spectacle d'ouverture et la présentation de tous les joueurs sur l'écran géant dont aucun n'est hué comme ça peut se faire à Montréal. Une reconstruction d'une tour de forage de pétrole descend du plafond et s'arrête sur la glace. Les joueurs font leur entrée et passe par le forage pour montrer la fierté du slogan que l'on voit partout : Proud to be in oil country.
Lors de la présentation des joueurs des Sharks, on rappelle aux partisans qu'il y a un ancien joueur des Oilers qui joue pour San Jose. La foule se lève debout pour l'acclamer et sur l'écran géant c'est écrit : Thank you for what you did for the Oilers ! (Merci pour tout ce que tu as fait pour les Oilers). Contrairement à Montréal, quand un ancien joueur revient avec une autre équipe, il est hué chaque fois qu'il touche à la rondelle. Lui, il était applaudi chaque fois qu'il touchait à la rondelle. Il en était ainsi même pour Chris Pronger qui a quitté les Oilers dans un tumulte. Les partisans sont reconnaissants qu'il soit venu ici, même pour peu de temps.
Pour l'hymne nationale américain, personne ne parle par respect, seul le chanteur est entendu. Pour le Ô Canada, le chanteur ne fait que la première phrase et se tait. La foule chante haut et fort l'hymne au complet (je l'ai fièrement chanté en français).
Et le match a été tellement enlevant. Nous avions les billets les moins chers et peu importe l'endroit, nous ne sommes pas tellement loin de la glace et nous avons une excellente vue. En 4 occasions, Mat Bross, Mélanie et moi avons vu nos visages sur l'écran géant.
Il restait 10 secondes à faire en 3e période et l'excellent Joe Thornton a créé l'égalité 2-2. Aucun but en prolongation, alors place à la fusillade (shootout).
La foule est debout et ma voix commence à faiblir, mais je sais ce qu'elle peut encore accomplir. Je la magane encore !
Après trois lancers de chaque côté, seul #12 Nilsson a réussi à compter pour les Oilers et #28 Pavelski pour les Sharks. #12 Marleau rate pour les Sharks et #16 Stoll pour les Oilers qui l'emporte soudainement 3-2. C'est l'euphorie dans le Rexall Place. Tout le monde est, l'instant de 5 minutes, mon meilleur ami. L'accolade avec les partisans et les Hi-5 également.
Comme la partie a terminé assez tôt et que le peu de trafic nous a permis de regagner rapidement la maison, nous sommes allés voir s'il y avait de l'ambiance également au petit pub près de chez-nous. En effet, l'ambiance est totale. Comme je travaillais le lendemain, je ne me suis pas éternisé et sagement après quelques parties de billard je suis entré. Merci M. Gretzky pour tout ce que vous avez accompli, tant sur la glace qu'à l'extérieur. Sans vous, peut-être que les Oilers n'auraient pas survécu à la valse des millions et auraient déménagé comme mes Nordiques.

Samedi après-midi, je suis allé voir mon troisième match de football universitaire alors que les Golden Bears de l'Alberta recevaient les Bisons du Manitoba. Les Bisons, c'est toute une machine de football. Je ne serai vraiment pas surpris qu'ils soient les représentants de l'Ouest pour affronter le Rouge et Or de l'Université Laval en finale de la coupe Vanier. Ils sont classé #2 derrière le club de Québec et je comprends pourquoi maintenant. Edmonton s'est bien défendu, mais Winnipeg était vraiment trop fort, 29-16 le pointage final pour les Bisons.
Samedi soir, le controversé batteur du groupe Mötley Crüe, également ancien mari de Pamela Anderson, celui qui a également eu son reality-show et dont la vie publique est aussi connu par vous grâce aux revues à potin, l'unique Tommy Lee était en ville pour nous faire danser. À un prix très abordable, sa présence a attiré de nombreux curieux... et de très jolies curieuses . J'ai vécu un "rave" au Woodstock en Beauce avec un drummer et un DJ, mais cette fois, DJ Aero et Tommy Lee, ça valait le déplacement. Nous avons dansé de 22h à 1h30 le matin sans arrêt. Épuisés et en sueur, nous avons quitté la place avec satisfaction. Des bouteilles d'eau et deux Red Bull ont bien su nous désaltérer. Le beat me résonnait encore quand je me suis couché.
Celui qui donne vraiment l'impression d'avoir beaucoup de plaisir à l'extérieur de l'école, mais qui dans le fond, son vrai plaisir, c'est dans sa classe qu'il le vit.
Luc